Publié le 29 Janvier 2009

Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 29 Janvier 2009

Le Parisien 29 janvier 2009

Avec 400 ha et 20 millions de tonnes de trafic tous modes, le port de Gennevilliers est la plus importante plate-forme multimodale d’Ile-de-France en superficie comme en activité. Le hic, c’est que ses abords sont victimes de leur succès et souffrent du phénomène de batillage, le déferlement de vagues provoqué par le passage des péniches.


«En clair, les berges se dégradent et la faune et la flore en font les frais », résume Frédérique Guilbert, responsable du service de l’environnement au Port autonome de Paris (PAP), dont dépend le port de Gennevilliers.
Au printemps dernier, le PAP a commandé une analyse écologique de l’état des berges en trois endroits du port. Les résultats ont mis en relief des défaillances sur chacune des zones étudiées. Des améliorations ont donc été programmées.

« A terme, nous aurons plus d’insectes, d’oiseaux et de petits mammifères »

« Le projet qui démarre prévoit la réfection de la partie inférieure des berges, là où elles sont endommagées ou inexistantes, mais aussi la suppression des protections lourdes sur la partie supérieure et leur remplacement par des aménagements végétaux », détaille Eric Seillé, responsable exploitation-travaux au port de Gennevilliers.
Une petite forêt de pins sylvestres a déjà été plantée au bout de la presqu’île, et des roseaux vont être plantés sur 70 m. A la frontière de la vie aquatique et terrestre, ces derniers accueillent en effet une flore et une faune diversifiée. « A terme, nous aurons plus d’insectes, d’oiseaux et de petits mammifères », se félicite Frédérique Guilbert. Un haut-fond graveleux sera également installé pour favoriser la reproduction et la nutrition des poissons. Alain, un retraité qui pêche au port, est ravi : « Ablette, vairon, bardeau, loche franche, je vais avoir des petits nouveaux au bout de mes lignes. » Après l’analyse écologique du printemps dernier, de nouvelles mesures de suivi sont d’ores et déjà prévues aux printemps 2010 et 2013, pour vérifier que les améliorations portent leurs fruits.


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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 26 Janvier 2009

La Région vient d'éditer un numéro spécial de son journal qui explique le fonctionnement et le rôle du Conseil Régional.
Il est consultable en ligne.

et je le recommande !

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 24 Janvier 2009

Une dépêche AFP nous informe que la majorité sénatoriale vient d'autoriser l'implantation d'un circuit de F1 dans les Yvelines, en utilisant un amendement dans le cadre de la loi dite d'accélération de la relance.
On est ravis d'apprendre que l'économie française sera sauvée grâce au bétonnage sauvage d'hectares destinés à l'agriculture biologique.
La majorité UMP au Sénat et le gouvernement veillent certainement au pouvoir d'achat des Français en décidant que la priorité des priorités c'est l'implantation d'un circuit, utilisé une fois par an par des amateurs de bruit, regardant tourner en rond des bagnoles.

Voici le compte-rendu du débat au Sénat qui vaut son pesant de cacahouètes !

Après l'article 5 ter, insérer un article additionnel ainsi rédigé :

Aux fins de l'exploitation d'un circuit automobile homologué pour la formule 1, il peut être passé une convention d'occupation temporaire du domaine public comportant des obligations de service public fixées par la personne publique. Cette convention est dévolue conformément aux dispositions de l'article 9 de la loi n° 91-3 du 3 janvier 1991 relative à la transparence et à la régularité des procédures de marchés et soumettant la passation de certains contrats à des règles de publicité et de mise en concurrence.

M. Michel Guerry.  - Le maintien d'un Grand Prix de Formule 1 en France est un enjeu national aux plans sportif, touristique, industriel et économique. La France n'organisera pas de Grand Prix en 2009 et 2010. Si la construction et la délégation de gestion de cet équipement sont menées dans des délais rapides, un Grand Prix pourra être de nouveau organisé en France à partir de 2011. Ce projet de circuit profitera au secteur du bâtiment et des travaux publics, car il devrait donner lieu à des travaux importants en 2010. Il concourt également au rayonnement de l'industrie automobile française et, en lien avec les constructeurs, à la recherche et au développement des nouvelles technologies et énergies. Plutôt qu'à la délégation de service public, dont la procédure de dévolution est assez longue, nous proposons de recourir à l'autorisation d'occupation du domaine public avec obligations de service public. La différence entre les deux régimes ouvre parfois un contentieux qu'il est nécessaire d'éviter, afin de sécuriser le contrat à conclure. La loi vient donc préciser le régime juridique contractuel qui sera utilisé. Les règles de publicité seront celles de la concession de travaux, conformément à nos obligations communautaires.

Mme Élisabeth Lamure, rapporteur.  - Le maintien d'un Grand Prix de Formule 1 en France est un enjeu sportif et économique important. Si la construction et la délégation de gestion sont menées dans des délais rapides, un tel Grand Prix pourrait être organisé en France à partir de 2011. Cela donnerait lieu à des travaux importants et la commission est favorable à cet amendement.

M. Patrick Devedjian, ministre.  - Très favorable. Cela s'inscrit parfaitement dans le plan de relance et maintiendrait un évènement capital auquel le Premier ministre est attaché pour les raisons qu'on connaît.

Mme Bariza Khiari.  - Je comprends que le ministre soit très favorable puisqu'il s'agit d'un amendement gouvernemental déguisé en amendement UMP... Je m'étonne aussi que la commission des fiances n'ait pas invoqué l'article 40 car les obligations de service public impliquent des compensations de la part de l'État. Le Gouvernement s'apprête ainsi à favoriser un nouvel investissement -de 120 millions- pour construire un second circuit de TF1... pardon de F1... et tourner ainsi la page de celui de Magny-Cours. Avec mes collègues du conseil général de la Nièvre et du conseil régional de la Bourgogne, je dénonce cette hypocrisie. La mise à niveau de Magny-Cours 2 -qui aurait 30 millions d'euros de retombées dans la Nièvre dès 2009- entrerait tout aussi bien dans le cadre de la relance de l'économie et les travaux pourraient en débuter avant 2011. Nous sommes hostiles à cet amendement.

M. Jean Desessard.  - Cet amendement est l'exemple type d'une mesure anti-environnementale, sans intérêt économique pour la collectivité mais, en revanche, qui va dans le sens de quelques intérêts privés. Ces articles additionnels sont l'occasion pour tous les lobbies de se manifester. Celui-ci, déposé par des sénateurs des Bouches-du-Rhône, des Deux-Sèvres et du Loiret, vise en réalité à permettre la concrétisation du projet de circuit de Formule 1 sur la commune de Flins-sur-Seine dans les Yvelines. Les sénateurs des Yvelines n'osent pas le déposer eux-mêmes et le font déposer par des sénateurs du Sud ! Cet amendement de circonstance vise donc à accélérer la réalisation de ce projet, contre l'avis des habitants et des agriculteurs bio installés sur les terrains pressentis pour accueillir ce circuit nuisible pour l'environnement. En effet, ces terrains avaient été sélectionnés par l'Agence des espaces verts pour accueillir le plus grand domaine d'agriculture biologique d'Ile-de-France. La région connaît un retard considérable dans la réalisation des objectifs du Grenelle de l'environnement : 6 % d'agriculture bio en 2012 et 20 % en 2020. Or on en est à peine à 0,78 %... Je rappelle l'intérêt de doter la capitale et l'Ile-de-France de cultures vivrières de proximité. C'est ça, la véritable économie durable : des cultures vivrières de proximité !

De plus, le projet d'implantation du circuit de Formule 1, avec toutes les pollutions qu'une telle installation peut engendrer, se trouve à proximité d'un captage d'eau potable qui alimente -le saviez-vous, madame le rapporteur en donnant votre avis favorable ?- les foyers de plus de 400 000 Franciliens. Est-ce de la gestion durable ?

Ce n'est certes pas de la gestion durable du territoire.

Alors que de grandes entreprises de la F1 comme Honda ou Subaru s'en désengagent, cet investissement n'est pas économiquement rentable après l'échec de Magny-Cours. Au demeurant, il faut rechercher aujourd'hui l'énergie propre, non la vitesse maximale. Les campagnes de publicité encouragent les économies d'énergie et les véhicules moins polluants. Même M. le ministre demande que l'on respecte les limitations de vitesse pour des raisons de santé publique.

Mme Nathalie Goulet.  - Très bien !

M. Jean Desessard.  - On nous dit que ce projet soutiendrait le bâtiment et les travaux publics. J'imagine que les sénateurs des Bouches-du-Rhône ou du Poitou ne prennent pas souvent les transports en communs parisiens...

M. Jean-Pierre Raffarin.  - Il y a des trains dans le Poitou ! Vous n'avez pas le monopole des trains ! (Sourires)

M. Jean Desessard.  - Il y a un RER ?

M. Jean-Pierre Raffarin.  - Il y a un TER !

M. Jean Desessard.  - Je suis heureux que vous preniez le train, mais je suis surpris que vous en soyez satisfait. Vous ne devez pas l'utiliser souvent.

M. Jean-Pierre Raffarin.  - En Ile-de-France, la région ne s'en occupe pas !

M. Jean Desessard.  - Si l'on veut améliorer les infrastructures, il faut investir non dans un circuit de F1 mais dans le RER.

La crise économique ne doit pas fournir de prétexte pour malmener le Grenelle de l'environnement ; le plan de relance ne doit pas être l'occasion de faire adopter les pires projets à cet égard.

Cet investissement injuste n'a aucun intérêt économique ! (Applaudissements à gauche)

Mme Nathalie Goulet.  - Il me semble que Mme Khiari a commis un lapsus en disant TF1 au lieu de F1, mais les deux ne sont pas très éloignés...

D'après les auteurs de l'amendement, les travaux devraient débuter en 2010. Il n'entre donc pas dans l'épure du plan de relance, fondé sur des travaux immédiats.

Par ailleurs, l'article 40 me semble applicable.

En matière d'infrastructures, j'ai défendu bec et ongle des projets bien plus utiles qu'un circuit de F1, dont la place est plutôt dans les pays du Golfe où l'essence est moins chère et où il n'y a pas de problème d'environnement.

Mme Bariza Khiari.  - J'attache du prix à ce que dira la commission des finances, toujours prête à dégainer l'article 40.

M. Patrick Devedjian, ministre.  - Il n'y a pas de financement public ! L'amendement autoriserait la signature d'une convention d'occupation temporaire du domaine public.

Mme Bariza Khiari.  - Avec une délégation de service public.

M. Patrick Devedjian, ministre.  - Il faudra constituer un tour de table financier. Aujourd'hui, le critère du multiplicateur d'investissement est satisfait.

M. Jean Desessard.  - Il n'est pas facile de faire de l'agriculture bio à 300 kilomètres par heure !

L'amendement numéro 85 rectifié quinquies est adopté et devient article additionnel.


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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 18 Janvier 2009

Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 17 Janvier 2009

Manif aujourd'hui avec des élu/es yvelinois et franciliens, le groupement des agriculteurs bio, les associations de protection de l'environnement entre les Mureaux et Flins pour protester contre le projet du Conseil Général d'implanter un circuit de F1 sur des terres agricoles.
On peut toujours évidemment signer la pétition contre la F1 !


(merci Antoine pour la photo !)




























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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 16 Janvier 2009

Une rencontre avait lieu ce matin entre les 10 équipes d'architectes retenues par notre Grand Président pour réfléchir à l'avenir de la région capitale et des élu/es.
Le cadre était fort sympathique puisque le débat avait lieu au "104" (rue d'Aubervilliers). Une petite photo pour vous donner envie d'aller découvrir ce site....




Les débats furent passionnants, disons le sans détour. Peut être un peu compliqué de rentrer dans toutes les subtilités des travaux d'équipes qui travaillent depuis quelques mois déjà et qui doivent faire leur rendu définitif dans trois semaines !
Compliqué aussi, puisque s'agissant d'une sorte de concours, les équipes ne sont pas arrivées avec la totalité de leur projet...
J'ai eu le sentiment quand même que sur quelques sujets (densité, polycentrisme) certains acteurs semblaient découvrir des solutions déjà inscrites dans un document appelé SDRIF et qui attend le bon vouloir du gouvernement pour être transmis au Conseil d'Etat. Autre point relevé : quid de la gouvernance de tous ces projets ? Certaines équipes ont affirmé qu'elles n'avaient pas le droit d'aborder ce sujet, pourtant fondamental !

Alors, dans ces extraits des dix projets, il y a des choses très intéressantes comme la mise en valeur de la Seine (Grumbach et son idée de prolonger Paris jusqu'au Havre...). Par contre, j'ai du mal toujours à approuver Castro lorsqu'il nous ressort comme tous les 10 ans son idée d'implanter des ministères en banlieue...J'aime bien par contre son idée de "devoir d'urbanité".


En tout cas, la réflexion est là...et ces premiers échanges avec des élu/es ne devraient être qu'un début. J'espère qu'elle pourra se poursuivre dans un cercle plus vaste ! Parce que construire la ville sans ses habitants...

à suivre !

pour consulter les cogitations : http://www.legrandparis.org/documents/

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 15 Janvier 2009

Communiqué à la presse - 15 janvier 2009

Le Syndicat Mixte des Coteaux et du Val de Seine se réunissait ce matin pour arrêter son projet de Schéma de Cohérence Territoriale (SCOT). Le Syndicat Mixte regroupe les trois communautés d’agglomération Arc de Seine, Val de Seine et Cœur de Seine ainsi que la commune de Marnes-la-Coquette, dans les Hauts-de-Seine. 350.000 habitants sont donc concernés par ce document d’urbanisme.

 

Catherine Candelier, vice-présidente du groupe Verts au Conseil régional, conseillère municipale de Sèvres, s’est prononcé contre le SCOT proposé. Celui-ci en effet envisage un accroissement du déséquilibre existant entre emplois et habitants sur le territoire concerné. Le SCOT propose à l’horizon 2020 une progression de 30.000 emplois supplémentaires par la construction de plus de 500.000 m2 de bureaux et 300.000 m2 de locaux d’activité.

 

Pour Catherine Candelier, cette hyperspécialisation économique dans le domaine tertiaire est une réelle prise de risque en termes de durabilité pour le territoire et ses habitants.

 

Par ailleurs, le SCOT ne donne aucune réponse satisfaisante à la crise du logement puisqu’il ne prévoit qu’une production de 1.500 logements en moyenne par an. Dans un secteur déjà déficitaire en logements sociaux (17 % du parc actuel), le SCOT vise le respect de la loi SRU (20% de logements sociaux) uniquement en 2020.

 

Enfin, dans le domaine des transports, le document ne présente aucune mesure locale visant à réduire le trafic automobile déjà très prégnant sur le territoire.

 

Le projet de SCOT sera soumis à enquête publique dans les prochains mois.

 

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 11 Janvier 2009

Traditionnelle cérémonie de voeux du maire (et du conseil municipal) à la population ce matin. Comme chaque année, nous nous plions au serrage de mains des habitants, triés sur le volet, venus écouter les propos marquants du maire. Le décor est pour une fois sobre, crise oblige. Nous nous sentons encouragés par la présence de quelques bonnes âmes de moins de 70 ans, qui contribuent à faire légèrement baisser l'âge moyen du public.
La main droite ainsi réchauffée d'avoir salué tant de connaissances, nous nous dirigeons d'un pas alerte vers la tribune.
Pour une fois, le maire y invite le conseil municipal. Geste étonnant, puisque d'habitude ne sont conviés que les "grands élus". Et moi qui ai pris la fâcheuse habitude de considérer que le protocole républicain m'y autorisait.
Nous voilà donc réunis avec les maires des alentours, les sénateurs (Jipé de Boulogne, Charles Pasqua, Isabelle Debré), les députés, les nombreux conseillers généraux qui cumulent avec les autres fonctions sus-citées. Et deux ministres (Santini, Devedjian) rejoints avec beaucoup de retard par Karoutchi. Quelle belle brochette !
Heureusement, depuis quelque temps, la parité a fait un peu son oeuvre et c'est pour cela (mais uniquement pour cela) que la tribune ne compte pas que des hommes.
Je vous passerai les détails du discours du maire, qui cette année encore était bien trop long - même mes voisins de tribune, pourtant pas tous gauchistes - s'impatientaient. Pas d'annonces extraordinaires, la fusion intercommunale se réalisera en tenant informés les habitants (diable ! on progresse !), le développement durable on s'en occupe (ça fait peur!).
Je ne m'arrêterai que sur une phrase de l'édile numéro un, qui en fin de speech, a cru devoir faire de l'humour sur son opposition. En gros, c'était : l'opposition a bien du mal à trouver des idées pour me critiquer, tellement je fais les choses bien.
En redescendant de la tribune, quelques Sévriens ont eu la sympathie de me dire que même s'ils ne partageaient pas nos points de vue, ils avaient trouvé la phrase déplacée.

Pour 2009, des idées, tout va bien, je n'en manque pas !
 

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 10 Janvier 2009

Nouvel Observateur - 8 janvier 2009


Ils font peur aux barons des Hauts-de-Seine
Les fantômes du musée


Charles Pasqua et André Santini en rêvaient. Un centre d'art contemporain réunissant des oeuvres signées Arman, Dubuffet, Garouste, Erro... La justice en a décidé autrement. Derrière le projet artistique, trop d'arrangements entre amis, de bizarreries comptables, de versements douteux. Serge Raffy a suivi la piste de cette collection Hamon qui inquiète les hommes forts des Hauts-de-Seine. Et plus haut...


Comment oublier ce jour de mars 2002 ? En sortant du parc de l'île Saint-Germain, îlot verdoyant planté dans une boucle de la Seine, à l'ouest de Paris, au coeur de l'empire de béton et de verre d'Issy-les-Moulineaux, une promeneuse remarque une très discrète affiche : «Permis de démolir». Elle comprend immédiatement que son petit coin de paradis est en danger. Anne-Marie Siramy, ancienne documentaliste de la direction financière de la Régie Renault, licenciée pour motif économique en 1991, ne sait pas qu'elle vient de poser le pied sur une bombe à retardement. Anne-Marie Siramy se renseigne. Elle apprend que la ville a l'intention, avec le conseil général des Hauts-de- Seine, d'ériger, dans «sa» zone, un grand centre d'art contemporain. Sur le papier, le projet est formidable, approuvé par l'immense majorité des élus, gauche comprise. Aux commandes, un mécène industriel, milliardaire, Jean Hamon, grand collectionneur, ami de César, Arman, Garouste. Un homme à la biographie de héros de cinéma populaire.
Fils d'un charcutier normand, collectionneur de timbres et de grands crus classés, Jean Hamon fait fortune dans l'immobilier, dans les années 1960, à l'époque du gaullisme bâtisseur. Au fil des années, sa société, le Gepa (Groupement d'Etudes, Pilotage et Application), d'abord installée à Meudon puis à la Celle- Saint-Cloud, devient incontournable. Quand Charles Pasqua s'empare du conseil général des Hauts-de-Seine, au milieu des années 1980, Jean Hamon est de tous les coups. Il participe à l'édification de la nouvelle banlieue Ouest. A cette époque, il délaisse les timbres pour un nouveau hobby : l'art contemporain. Ami intime d'Yves Montand et de Lino Ventura, qui meurt dans ses bras, il rencontre le sculpteur César. Coup de foudre. Les deux hommes ne se quittent plus. César l'initie au monde des galeries et des salles de vente. En quelques années, le promoteur à la gouaille d'Arletty accumule les oeuvres.



Le 24 octobre 1988 est son jour de gloire : François Mitterrand en personne vient inaugurer «la Tour aux figures» de Jean Dubuffet, le pape de l'art brut, une oeuvre monumentale de 25 mètres de haut, plantée à la pointe de l'île Saint-Germain. Fondé sur des pieux s'enfonçant à 35 mètres de profondeur, sous le lit de la Seine, ce totem polychrome est fabriqué avec le béton de Bouygues et le savoir-faire d'Hamon. Ce jour-là, Jean Hamon est sur un nuage. A ses côtés, Jack Lang, ministre de la Culture, qui a déboursé 13 millions de francs, mais aussi Charles Pasqua, patron du département, et André Santini, député-maire UDF d'Issy-les-Moulineaux. Ils sont les «parrains» d'Hamon. Charles Pasqua, assis sur le tas d'or de la taxe professionnelle des Hauts-de-Seine, a des projets pharaoniques. Il rêve de mécénat à l'américaine tel que le conçoit l'entrepreneur de la Celle-Saint-Cloud. Certes Hamon, avec son franc-parler, détonne dans les milieux culturels parisiens. «C'est le chef de chantier qui débarque dans les pince-fesses des galeries de l'avenue Matignon, dit un ancien collaborateur de Jack Lang. Il parle fort et il a les mains calleuses. Mais c'est un authentique mécène.» Chaque année, à travers le Gepa, il achète pour 1 million de francs d'oeuvres d'art.
Hamon a un autre dada : les boeufs de Salers. Il possède 200 bêtes dans sa propriété de Bullion, une ferme-château en bordure de la forêt de Rambouillet, qui a appartenu au ministre des Finances de Richelieu, le marquis de Bullion, à qui l'on doit la création du louis d'or. C'est là, au milieu de 120 hectares de prairie, que, fin 2002, il invite à déjeuner Anne-Marie Siramy. A côté des étables, il lui fait visiter deux entrepôts de 2 000 mètres carrés avec système de régulation hygrométrique et surveillance, où sont conservées les oeuvres des maîtres. Entre l'écolo et le promoteur, le face-à-face est rude. Depuis des mois, Anne-Marie Siramy remue ciel et terre pour empêcher la réalisation du musée. Recours gracieux auprès de la mairie d'Issy-les-Moulineaux, soutenu par l'association écologique Val de Seine Vert, pétitions, de mandes d'audience à André Santini, qui la surnomme «Madame RMI», manifestations, elle mène une guérilla qui exaspère en haut lieu. Son arme la plus redoutable ? Son savoir-faire de documentaliste. A force de fouiller le dossier, elle a découvert une pépite : le maître d'ouvrage délégué du projet, la fameuse SEM 92, la société d'économie mixte créée par Charles Pasqua, épinglée à plusieurs reprises par la chambre régionale des comptes, a commis une bévue lors de la demande du permis de construire. Un détail, certes : les fonctionnaires ont oublié de solliciter une autorisation d'abattage d'une quarantaine d'arbres. Anne-Marie Siramy a aussitôt déposé un recours en annulation, qui compromet toute l'opération.


Au cours du déjeuner de Bullion, Jean Hamon tente d'amadouer la «Jeanne d'Arc du Val de Seine». Ce futur centre d'art, explique-t-il, est le fruit d'une donation de 192 oeuvres, estimée à 7 millions d'euros (1). Le «philanthrope» les a cédées gracieusement au conseil général qui, en contrepartie, s'est engagé à construire le musée destiné à les accueillir et, en attendant, à financer le stockage et l'entretien des oeuvres entreposées à Bullion. A 67 ans, Hamon veut consacrer le reste de son existence à ce centre. Les plans, dessinés par le cabinet Wilmotte, sont prêts. Pourquoi attendre ? Anne-Marie Siramy sait que la fondation Hamon fait partie d'un projet plus vaste, concocté quelques années plus tôt par André Santini. Le «baron d'Issy-les-Moulineaux» veut édifier une «cité de la communication» dans l'île. Il est pressé : il veut inaugurer le centre Hamon en 2004.
Patatras ! Le 5 mai 2003, la sentence tombe : le juge administratif suspend les travaux. Motif : le projet est «incompatible avec la vocation d'espace de loisir assignée à cette zone.» Camouflet pour Santini et Pasqua. Histoire banale d'une opération mal bouclée par des élus trop pressés. Mais en quelques mois, elle va changer de registre. Début septembre, Hamon est arrêté. Accusé «d'abus de biens sociaux, d'escroquerie et de recel de détournement de fonds publics», il passe dix jours sous les verrous. Bientôt rejoint dans la procédure par André Santini et Charles Pasqua, mis en examen en 2006 pour «détournement de fonds publics». L'affaire pourrait être jugée cette année.
Les magistrats du tribunal de Versailles sont en effet intrigués par l'étrange arrangement entre Hamon et le duo Pasqua-Santini. Les deux élus n'ont, semble-t-il, pas été très regardants sur les factures présentées par le «marquis de Bullion». Plus de 1 million d'euros lui ont déjà été versés. Pourquoi de telles largesses ? Tous les protagonistes du dossier sont d'accord sur un point : dès les premiers jours de l'enquête, c'est André Santini qui est dans le collimateur. Les policiers cherchent à le faire tomber pour une histoire d'emploi fictif liée à l'affaire Hamon.
Stupéfait, Santini rend visite au ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy, au cours de l'été 2003, et lui pose franchement la question : «Est-ce que le coup vient de toi ?» Le ministre lui rit au nez. Pourquoi fragiliser cet allié centriste, proche de Pasqua ? André Santini occupe un poste très convoité : la présidence du Sedif, le très puissant Syndicat des Eaux de la Région Ile-de-France, composé de 144 communes. Et on murmure que certains proches de Sarkozy rêvent de s'emparer du fauteuil. Paranoïa ?
Dans sa cellule, Jean Hamon ressasse sa colère. Quelques mois plus tôt, plusieurs personnages lui ont conseillé de se sortir de ce guêpier. De révoquer cette fichue donation, qui désormais sent le souffre. Son ancien avocat, Jean-Louis Borloo, qui l'a défendu à l'époque où il hébergeait la Fondation Cartier, à Jouy-en-Josas, sur un domaine lui appartenant et où il avait érigé l'oeuvre du sculpteur Arman «Long Term Parking», l'a appelé pour le prévenir : «Fais attention, tu vas être emmerdé, annule la donation !» Un haut fonctionnaire du conseil général a fait de même : «Jean, ils t'emmerderont et ils t'auront !» Ils ? De qui parlent donc ses deux amis ? En quoi ce dossier de donation serait-il si explosif ? Et qui le châtelain de Bullion pourrait-il bien gêner en refusant de s'avouer vaincu face aux écologistes ? «Hamon voulait renouveler la demande de permis de construire, contre vents et marées. Passer en force. Ses alliés, eux, voulaient se faire oublier, explique un magistrat versaillais. Ce miniscandale en cache bien d'autres... On a sans doute voulu faire taire un type qui en sait long sur les magouilles des Hauts-de-Seine.» Mais peut- on vraiment le bâillonner ?
Jean Hamon a été mêlé en 1991 à une affaire de corruption qui impliquait la société Elf, la mairie d'Issy-les-Moulineaux et le conseil général. Une opération immobilière, dans le cadre de l'aménagement d'une ZAC sur un terrain vendu par Elf. Avec, à la clé, le versement de pots de vin (66 millions de francs) à des dirigeants de la société pétrolière, dont André Tarallo et Alfred Sirven. Jean Hamon était un des acteurs de cet embrouillamini judiciaire. Les prévenus, lui compris, ont été condamnés à payer collectivement 11 millions d'euros à Elf, devenu Total. Au coeur de cette affaire, déjà : l'inévitable SEM 92. «La SEM 92, c'est le talon d'Achille de tous ceux qui ont bénéficié d'opérations immobilières douteuses depuis vingt ans, et jusqu'à aujourd'hui, glisse un magistrat de Nanterre. Le seul qui voulait changer les mauvaises habitudes du 92, c'est Patrick Devedjian. Il voulait nettoyer les écuries d'Augias, selon sa formule. Mais il vient d'être nommé ministre...»
La SEM 92, objet de tous les soupçons. Dans les Hauts-de-Seine, ils sont nombreux à répéter qu'un jour ou l'autre il faudra «régler les comptes», «faire la grande lessive». Dans l'affaire Hamon, la toute- puissante société d'économie mixte est une nouvelle fois montrée du doigt par la chambre régionale des comptes. Dans un rapport rendu public en 2007, elle minore les fautes de Jean Hamon mais évoque les étonnantes dépenses de la SEM 92, de l'ordre de 3,76 millions d'euros pour un projet qui n'a jamais vu le jour... «Le département est tellement riche, précise François Gouesse, ancien élu socialiste d'Issy-les-Moulineaux, que durant toute la période Pasqua on a dépensé sans compter. A l'aveugle. Une vraie gabegie.»
Quand il succède à Charles Pasqua à la tête du département, le 1er avril 2004, Nicolas Sarkozy hérite de la patate chaude. Il se retrouve dans une situation ubuesque. Président du Syndicat mixte de l'île Saint- Germain, il doit continuer à payer à Jean Hamon les frais de garde de la fameuse collection. Or le cas est à enseigner dans les instituts d'études judiciaires, ses prédécesseurs sont accusés de détournement de fonds publics pour avoir fait la même chose. Comment sortir de ce piège ? Il charge Rachida Dati, directrice adjointe des affaires juridiques, de prendre les choses en main. La future garde des Sceaux croit trouver la parade. Elle propose d'attaquer de front Jean Hamon en réclamant l'annulation de l'acte de donation de 2001. «C'était une grosse erreur, prétend Philippe Gumery, l'avocat du collectionneur. Car c'est mon client qui est lésé. Le conseil général avait pour obligation de construire le centre contre la donation des oeuvres. Or il n'a pas tenu sa parole. Dans cette affaire, la victime, c'est Jean.» C'est ce qu'ont conclu à plusieurs reprises les magistrats de Versailles. Ils ont maintenu l'acte de donation, qui court jusqu'en 2011, et ainsi donné raison au promoteur. Durant plus de trois ans, Nicolas Sarkozy, patron des Hauts-de-Seine, s'est donc acquitté du paiement du «loyer» : environ 800 000 euros.
Son successeur, Patrick Devedjian, en juin 2007, ne prend pas de gants. Il change d'avocat et refuse de débourser le moindre centime. «Devedjian a changé les règles du jeu, dit un fonctionnaire des Hauts-de Seine. Il ne veut plus étouffer les dossiers noirs du département.» Devedjian, Zorro de la banlieue ouest ? Pas si simple. En coulisses, les avocats négocient pour trouver une issue «paisible» à cette extravagante histoire. Un accord possible tournerait autour d un partage des oeuvres cédées par Jean Hamon. Un genre de règlement à l'amiable qui laisserait les cadavres au placard.
«Tout ce remue-ménage pour des oeuvres dont, en plus, la provenance n'est pas claire, avance un ancien haut fonctionnaire de la Culture. Car il y a de fortes chances que les tableaux cédés au conseil général proviennent de la collection Renault...» Explication : à partir des années 1960, la Régie a constitué une collection prestigieuse de quelque 800 oeuvres d'art contemporain, la plus importante collection d'entreprise au monde avec celle de la Chase Manhattan. Anne-Marie Siramy se souvient que, dans les années 1980, Georges Besse, PDG de l'entreprise automobile, voulait se délester de la «danseuse de la Régie». Il avait chargé Claude Renard, responsable d'une association qui gérait la collection au nom de Renault, de trouver un repreneur. Selon plusieurs sources, Renard, vieil ami d'André Malraux, aurait cédé près de 200 pièces à Jean Hamon. On murmure même qu'il les aurait vendues pour 1 franc symbolique. Jean Hamon dément en bloc. «J'ai récupéré l'association, c'est vrai, mais pas les oeuvres qui étaient à la Régie; j'ai acheté directement auprès des artistes celles qui étaient en commande.» Question : pourquoi une entreprise publique, au lieu de confier ses oeuvres à un musée national, en livre- t-elle une partie à un opérateur privé ? Cela fait partie des mystères de l'affaire Hamon...
Aujourd'hui à la retraite, Jean Hamon enrage de voir sa collection bloquée par la justice. «C'est un gâchis, tempête-t-il. Tous ces chefs-d'oeuvre dorment dans mes hangars depuis plus cinq ans, et personne ne peut les voir. C'est du Kafka !» En attendant un hypothétique procès en 2009, Jean Hamon continue d'acheter des oeuvres, comme si toute cette tempête ne pesait rien face à la beauté d'un Garouste ou d'un Hantaï. Sa dernière acquisition : deux tableaux d'un jeune artiste allemand, labyrinthiques et trapézoïdaux. Comme son affaire. Le nom du peintre : Nietzsche.

Serge Raffy
Le Nouvel Observateur
(1)Evaluation de 2001. La société Artcurial a procédé en 2008 à une nouvelle estimation : 13 millions d'euros.

 

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Rédigé par Catherine Candelier

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