Publié le 25 Novembre 2009

Le texte du projet de loi de Christian Blanc est en ce moment même en discussion à l’Assemblée Nationale.
Ce projet est pompeusement intitulé « Grand Paris », alors qu’il ne consiste qu’à construire un métro automatique reliant pôles économiques et aéroports. Terminée la réflexion lancée par le Président de la République et alimentée par des équipes d’architectes. Que reste-t-il des ambitions de faire du grand, du juste et du beau ? Il ne reste qu’un projet démentiel d’infrastructure de transport qui ne servira qu’à desservir des entreprises entre elles et des aéroports.

Comme le faisait justement remarquer Yves Cochet dans le débat parlementaire : ce projet est irréaliste parce qu’il ne tient pas compte de ce que sera notre région, notre planète dans 10 ou 20 ans. Comment croire que l’avion sera encore attractif alors que la ressource en pétrole est en cours de raréfaction ?
Ce projet est irréaliste parce qu’il ne tient pas non plus compte de la réalité d’aujourd’hui. En pleine crise économique, il escompte un taux de croissance de 4%, comme si la croissance se décrétait. Christian Blanc nous dit vouloir réfléchir à moyen et long terme…soit ! Mais qu’en est-il du quotidien des Franciliens ? La Région a élaboré un plan de mobilisation pour les transports chiffré à 18 milliards d’euros afin de moderniser, d’entretenir et de prolonger le réseau existant. Il manque 6 milliards à ce plan, 6 milliards attendus de la part de l’Etat.

Au-delà du Grand 8 et de la dépossession du Syndicat des Transports d’Ile-de-France de son rôle d’autorité organisatrice des transports, le gouvernement entend faire main basse sur des pans entiers de territoires en dessaisissant les élus locaux de leurs prérogatives en matière d’urbanisme. Là où une gare sera implantée, l’Etat conduira de A à Z l’urbanisation, escomptant financer le métro grâce à de juteuses ( ?) opérations immobilières.

Quid des besoins de logement en Ile-de-France ? Le projet n’en dit pas un mot, tout simplement parce que pour le gouvernement loger nos concitoyens de façon digne n’est pas une priorité. En focalisant le réseau de transport sur quelques pôles économiques existants ou fantasmés, Christian Blanc oublie que la région ne se limite pas au quartier d’affaires de la Défense et à une activité économique tertiaire. En concentrant toujours plus les richesses sur certains territoires, on ne fait qu’accroître les décrochages, l’appauvrissement de secteurs entiers.

Le projet du gouvernement entend également faire du Plateau de Saclay un « cluster » mondial de la recherche. Là encore, concentrer toute la matière grise dans quelques km2, sans réfléchir au réseau de transports, en urbanisant des terres agricoles parmi les plus précieuses de notre région, est une grossière erreur. En quoi cette concentration améliorera-t-elle le rendement du cerveau de nos chercheurs (qui n’ont par ailleurs pas à rougir de leur travail) ?

Et enfin décider tout seul dans son coin de l’avenir d’une région, sans écouter, sans consulter personne…est-ce bien démocratique ? Le gouvernement a décidé en plus d’une procédure d’urgence sur le texte du projet de loi. Cela signifie qu’il n’y aura pas de seconde lecture à l’assemblée. Où est l’urgence ? A part une entrée fracassante de l’UMP en campagne électorale pour les régionales….

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Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Région

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Publié le 5 Novembre 2009

Craignant la mauvaise publicité, les élus demandent la suppression d’une station de mesure de la pollution implantée en centre-ville. Levée de boucliers chez les écolos.
 
 
Olivier Bureau | 05.11.2009, 07h00

Pour l'instant elle capte encore, mais pour combien de temps ? La station de mesure Airparif d’Issy-les-Moulineaux est dans le collimateur des élus de la communauté d’agglomération Arc de Seine (Issy-les-Moulineaux, Vanves, Meudon, Chaville, Ville-d’Avray). Cette installation, implantée depuis 1991 square Weiden, en plein -ville, relève en permanence les dégagements de dioxyde d’azote et les microparticules.

« Nous n’avons pas renouvelé le contrat en janvier, atteste Bernard Gauducheau, maire (NC) de Vanves et vice-président d’Arc de Seine. Théoriquement, la station aurait déjà dû cesser de fonctionner. » Le problème serait une question de communication et d’interprétation. « On a l’impression qu’elle mesure la pollution produite par la ville, or, ce n’est pas le cas. On peut prendre des mesures ailleurs », plaide Marianne Buhler, adjointe au maire chargée de la santé, du développement durable et des espaces publics à Issy et également conseillère communautaire.

Consternation chez les écologistes

Cette possible fermeture fait bondir et l’association locale Actevi (Action citoyenne pour les transports et l’environnement de la ville d’Issy-les-Moulineaux). « Cette suppression indique la volonté des autorités locales de cacher à la population les résultats d’une politique scandaleuse d’augmentation de la circulation dans le secteur du Val de Seine », s’étranglent les Verts. Et de viser le projet de doublement des voies sur la D 7, une opération portée par le conseil général mais très décriée par les associations. Au-delà de la polémique, Airparif considère que la fermeture du dispositif de mesure risquerait de créer un fâcheux précédent.
Aujourd’hui, l’association compte cinq stations urbaines qui fonctionnent en permanence et trois stations de trafic temporaires, basées le long d’axes routiers et opérationnelles ponctuellement. « La station d’Issy est capitale, insiste Karine Léger, directrice adjointe d’Airparif. Nous avons affaire à la pollution urbaine ambiante, à la limite -banlieue, liée notamment à la densité des activités. Il ne s’agit pas de la pollution générée par la commune. Nous n’avons actuellement aucune solution de remplacement. La situation devient donc vraiment urgente. Si tous les élus avancent les mêmes arguments et réclament la fermeture des stations, c’est la mort de l’information du public. »

Le Parisien

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Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Presse

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