Issy veut la peau de la station Airparif

Publié le 5 Novembre 2009

Craignant la mauvaise publicité, les élus demandent la suppression d’une station de mesure de la pollution implantée en centre-ville. Levée de boucliers chez les écolos.
 
 
Olivier Bureau | 05.11.2009, 07h00

Pour l'instant elle capte encore, mais pour combien de temps ? La station de mesure Airparif d’Issy-les-Moulineaux est dans le collimateur des élus de la communauté d’agglomération Arc de Seine (Issy-les-Moulineaux, Vanves, Meudon, Chaville, Ville-d’Avray). Cette installation, implantée depuis 1991 square Weiden, en plein -ville, relève en permanence les dégagements de dioxyde d’azote et les microparticules.

« Nous n’avons pas renouvelé le contrat en janvier, atteste Bernard Gauducheau, maire (NC) de Vanves et vice-président d’Arc de Seine. Théoriquement, la station aurait déjà dû cesser de fonctionner. » Le problème serait une question de communication et d’interprétation. « On a l’impression qu’elle mesure la pollution produite par la ville, or, ce n’est pas le cas. On peut prendre des mesures ailleurs », plaide Marianne Buhler, adjointe au maire chargée de la santé, du développement durable et des espaces publics à Issy et également conseillère communautaire.

Consternation chez les écologistes

Cette possible fermeture fait bondir et l’association locale Actevi (Action citoyenne pour les transports et l’environnement de la ville d’Issy-les-Moulineaux). « Cette suppression indique la volonté des autorités locales de cacher à la population les résultats d’une politique scandaleuse d’augmentation de la circulation dans le secteur du Val de Seine », s’étranglent les Verts. Et de viser le projet de doublement des voies sur la D 7, une opération portée par le conseil général mais très décriée par les associations. Au-delà de la polémique, Airparif considère que la fermeture du dispositif de mesure risquerait de créer un fâcheux précédent.
Aujourd’hui, l’association compte cinq stations urbaines qui fonctionnent en permanence et trois stations de trafic temporaires, basées le long d’axes routiers et opérationnelles ponctuellement. « La station d’Issy est capitale, insiste Karine Léger, directrice adjointe d’Airparif. Nous avons affaire à la pollution urbaine ambiante, à la limite -banlieue, liée notamment à la densité des activités. Il ne s’agit pas de la pollution générée par la commune. Nous n’avons actuellement aucune solution de remplacement. La situation devient donc vraiment urgente. Si tous les élus avancent les mêmes arguments et réclament la fermeture des stations, c’est la mort de l’information du public. »

Le Parisien

Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Presse

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