Publié le 27 Décembre 2009

Communiqué de presse - 14 décembre 2009

Les Verts- Europe Ecologie



10 ans de mobilisation contre l’autoroute urbaine : Initié en 2000 par Charles Pasqua, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, le projet d’élargissement de la RD7 à 4 voies entre le pont de Sèvres et le périphérique se heurte immédiatement aux défenseurs de l’environnement. Un collectif associatif se crée, activement soutenu par les Verts. Une première enquête publique en 2001 acte ce refus et un compromis, deux fois 1,5 voies, est trouvé.

 

En arrivant à la présidence du Conseil général en 2004, Nicolas Sarkozy remet tout en cause et lance une concertation préalable sur l’élargissement à 4 voies. La mobilisation, contre ce projet d’un autre âge, se renforce et la concertation est abandonnée.

 

En 2007, Patrick Devedjian, devenu président du Conseil général, tente un passage en force. Contré par les associations, il fait marche arrière et relance une concertation préalable.  Le contre projet soutenu par les associatifs, les partis de gauche et les Verts recueille 90% d’opinion favorable. Passant outre cette consultation, le Conseil général lance aujourd’hui une enquête publique sur son projet d’élargissement, elle se déroulera du 5 janvier au 5 février 2010.

 

Oui à la tranquillité, non à la 4 voies

 

Lors de l’enquête publique, Europe écologie et les Verts réaffirmeront leur opposition à l’élargissement à quatre voies de la RD7 et au bétonnage des berges de Seine.

 

-     Le « tout voiture » c’est dépassé

Le projet d’élargissement porté par le Conseil général est en contradiction avec les conclusions du Grenelle de l’Environnement.

 

-     Il faut végétaliser les berges

La Seine est un fantastique corridor naturel que les habitants veulent reconquérir.

 

-     Moins de bruit, de pollution, de nuisances

Pacifier et fluidifier la circulation automobile, favoriser les circulations douces et les transports en commun, c’est cela créer une ville durable, agréable à vivre et accueillante.

 

-     200 millions d’euros gaspillés

Nous refusons que nos impôts servent à minéraliser notre cadre de vie et à détruire notre patrimoine alors qu’il importe de préserver la biodiversité développer des l’emplois utiles. Utilisons l’argent public pour investir dans les transports en commun !

 

Catherine Candelier, conseillère régionale, conseillère municipale de Sèvres

Luc Blanchard, conseiller municipal de Sèvres

Alain Mathioudakis, Les Verts Boulogne

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 19 Décembre 2009

Le budget d’une collectivité territoriale à l’instar du budget de l’Etat est un acte politique. Voter contre un budget, c’est se situer dans l’opposition.

Le budget de la Ville de Sèvres s’établit à environ 50 millions d’euros. Onze millions en investissement, le reste en fonctionnement. Rien de particulier sur ce partage, c’est le cas de toutes les collectivités. Et un gros jeu de bonneteau, avec 10 millions prévus en trésorerie couverts par l’emprunt. de quoi gonfler artificiellement de 10 millions justement ce budget. Premier acte pas sincère ! L’organisation des débats de ce conseil municipal n’a pas manqué de nous interroger. En effet, juste après le vote du budget primitif pour 2010, on nous proposait le vote d’une décision modificative au budget 2009. La logique aurait voulu une inversion des points... Des décisions modificatives, il y en a souvent. On ajuste, on rééquilibre, parce que tout ne peut pas se dérouler comme on l’a écrit. Les modifications sont souvent techniques. Pourtant, en cette fin d’année, la décision modificative présentée consistait à reporter dans le budget 2010 une somme de plus de 1,6 million d’euros liés à la vente de terrains SNCF. Ces terrains, la ville les a acquis en 2009 avec l’idée de les revendre à un bailleur social. Nous nous sommes félicités de cette initiative lorsque nous en avons eu connaissance. Mais, bug, les transactions avec le bailleur ne déboucheront qu’en début d’année 2010 ! On a donc dès le début de l’année 2010 la prévision d’une rentrée de 1,6 million. Mais, bug encore, cette somme n’est pas inscrite au budget primitif de 2010. Lorsque nous en faisons la remarque au maire et à son adjoint aux finances, ils font semblant de ne pas comprendre la question, ou alors, ils ne comprennent vraiment pas, et là ça devient grave !!!!! Parce que tout simplement, le budget voté n’est pas en phase avec les éléments déjà connus par l’exécutif municipal. Pas sincère donc à nouveau !

Voici le texte de mon intervention :

Une première observation concernant l’organisation de nos débats de ce soir. Nous examinons le projet de budget 2010 juste avant une décision modificative au budget 2009. Cette décision modificative comporte le report pour le budget 2010 de la cession des biens SNCF ; Cette cession est estimée à 1 million 692.0000 euros. Or sauf erreur de ma part, je n’ai pas retrouvé trace de cette somme significative dans le BP 2010. Pouvez-vous nous confirmer que si elle avait été prise en compte dans les prévisions de recettes, elle aurait dû apparaître dans le chapitre 77 au titre des produits de cessions d’immobilisation ? page 25 ?

Lors des orientations budgétaires, les Verts vous avaient fait part de leurs inquiétudes sur un certain nombre de points. Ces inquiétudes ne sont malheureusement pas levées aujourd’hui avec ce budget primitif.

Côté recettes, il nous est confirmé que la dotation globale de fonctionnement en provenance de l’Etat n’augmentera que de la moitié de l’inflation et que les contributions de la CAF et du Conseil Général sont en baisse significative. Vous escomptez une progression de 4% des rentrées fiscales directes avec une augmentation des bases d’un peu plus de 2%. Le delta entre 4 et 2% - votre adjoint aux finances nous l’a expliqué en commission – pourrait être trouvé dans une nouvelle augmentation de la fiscalité locale. Les Sévriens apprécieront peut être dans quelques mois. Côté dépenses, nous poursuivons la construction de l’école Croix-Bosset et c’est encore une fois l’unique investissement – certes nécessaire – que nous engageons. L’an passé, les Verts lors du budget primitif 2009, vous avaient interpellé sur l’urgence à agir concernant la thématique de l’énergie. Vous nous aviez répondu qu’un bilan carbone était en cours sur l’ensemble de l’intercommunalité. Ce bilan est aujourd’hui connu, et nous savons tous désormais que la piscine est un véritable gouffre énergétique. Malheureusement, nous ne voyons pas dans ce budget de propositions concernant des travaux pour permettre une meilleure isolation des bâtiments communaux. Nous n’avons pas non plus eu l’occasion de remarquer l’affichage de diagnostics de performance énergétique sur ces mêmes bâtiments alors que la loi les impose.

Cette proposition de budget ne nous semble pas préparer l’avenir, c’est pourquoi nous voterons défavorablement.

Le reste de nos interventions au conseil municipal sur le site des Verts de Sèvres

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 18 Décembre 2009

Tribune à paraître dans le bulletin municipal, par Catherine Candelier, Luc Blanchard

Le 1er janvier 2010 naîtra la communauté d’agglomération Grand Paris Seine Ouest (GPSO). 7 communes, 300 000 habitants et une compétence sur tous les grands sujets qui structurent notre vie quotidienne. C’est là, désormais, que se jouera le devenir de notre territoire.

Nous avons déjà attiré l’attention des Sévrien/nes sur les risques pour la démocratie que constitue une trop faible représentation de l’opposition dans cette intercommunalité. Nos craintes étaient fondées, les Verts n’ont aucun représentant parmi les 84 conseillers communautaires. Seul une associative de Vanves, apparentée aux Verts, siègera à GPSO. Les Sévriennes et les Sévriens qui ont mandaté les Verts pour les représenter apprécieront, les écologistes des autres communes aussi !

Nous sommes écœurés par cette attitude antidémocratique de l’UMP, on ne nous fera pas taire pour autant. Nous continuerons à nous battre pour que nos projets aboutissent, pour rompre avec le modèle de développement destructeur que nous connaissons aujourd’hui, mais nous n’y arriverons pas sans vous. La seule réponse au déni de démocratie, c’est la mobilisation. Il faut prendre la parole partout où c’est possible, projet par projet.

Du 5 janvier au 5 février se déroule l’enquête publique sur l’élargissement à 4 voies de la RD7 et l’aménagement des berges de Seine, participons-y massivement. Allons écrire dans le registre d’enquête que nous avons un projet différent pour rendre vraiment la Seine aux habitants et diminuer la place de la voiture. Au conseil municipal, nous restons mobilisés, présents et actifs !

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 16 Décembre 2009

Monsieur le Président,
Madame la Vice-Présidente,
Mes chers collègues,

L’examen de cette annexe budgétaire est effectivement l’occasion de pointer nos différences avec le gouvernement concernant le rôle des collectivités territoriales dans l’aménagement du territoire régional.

D’un côté, la recentralisation depuis l’Elysée et les bancs de l’UMP avec la loi Grand Paris, la réforme de la taxe professionnelle qui privera les collectivités de leur autonomie financière.

De l’autre, une région qui, ces dernières années, n’a pas ménagé ses efforts pour accompagner et soutenir les projets émanant des élus locaux.

Un conseil régional qui a aussi élaboré démocratiquement, avec sérieux et engagement, le Schéma Directeur. Document qui est le seul aujourd’hui à pouvoir servir de référence à l’ensemble des acteurs de l’aménagement du territoire francilien. Même à droite, à l’établissement public foncier des Yvelines par exemple, c’est sur le projet de SDRIF que l’on s’appuie pour justifier des opérations.

Le projet de budget 2010 pour l’aménagement démontre la volonté de la Région de poursuivre son engagement au service des projets de l’ensemble des territoires. Le groupe Verts se félicite donc de cette continuité dans l’action régionale.

Nous nous félicitons en particulier de la reconduction du programme Nouveaux Quartiers Urbains. Les deux appels à projets de 2009 ont permis une nouvelle dynamique pour les collectivités territoriales qui ont déposé leur candidature. Ce programme illustre parfaitement la possibilité pour la Région de critériser ses aides en déclinant le projet de SDRIF. Ce nouveau dispositif nous permet enfin de sortir d’une politique de guichet. Depuis le début de cette mandature, les Verts et bon nombre de nos collègues de la majorité appellent de leurs vœux un profond remaniement de la politique contractuelle. Ce remaniement sera sans doute l’un des chantiers principaux de la prochaine mandature. Car si nous connaissons aujourd’hui la raréfaction des ressources naturelles, nous connaîtrons demain une raréfaction des ressources financières des collectivités. La région se devra d’aider de façon plus importante les projets  des collectivités les plus en difficulté, les projets répondant à un souci de rééquilibrage territorial, les projets enfin les plus économes en énergie et respectueux de l’environnement.

Un dernier mot concernant les crédits alloués à la communication et à la valorisation du SDRIF. Ceux-ci nous paraissent, comme à nos collègues des groupes PS et CACR, sous dimensionnés. Nous soutiendrons donc les efforts -que nous espérons substantiels - que l’exécutif voudra bien soumettre à cette assemblée.

Cette prise de parole est aussi l’occasion, en mon nom propre et au nom du groupe Verts, de remercier les agents de la direction aménagement et ceux de l’IAU qui nous ont accompagnés tout au long de cette mandature.

En conclusion, chère Mireille, nous nous prononçons favorablement sur cette annexe.

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 10 Décembre 2009

article paru sur Médiapart

 

Mireille Ferri, vice-présidente de la région Ile-de-France et vice-présidente de son Institut d'aménagement et d'urbanisme, interpelle la nouvelle présidente de l'Epad sur l'avenir du quartier d'affaires.

 

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Joëlle Ceccaldi-Raynaud, députée-maire UMP de Puteaux et ancienne suppléante de Nicolas Sarkozy à l'Assemblée nationale, vient d'être élue à la tête de l'EPAD, suite au retrait très médiatisé de Jean Sarkozy. Seuls les commentaires rappelant qu'elle est la fille de Charles Ceccaldi-Raynaud, titulaire du poste dans les années 80 et 90, soulignent que les Hauts-de-Seine conservent cette culture politique particulière où les présidences se transmettent en héritage entre quelques familles de droite.

Mais l'essentiel n'est pas là : le projet de fusion entre l'EPAD et l'EPASA intéresse la nouvelle Présidente, qui a déjà annoncé sa candidature pour le nouvel organisme. Il est utile de saisir quelques-uns des enjeux politiques qui se jouent en coulisse et de rappeler leur impact négatif sur l'attractivité du «Grand Paris», faute de servir un projet métropolitain.

Rappelons d'abord les motifs qui avaient conduit le Conseil municipal de Puteaux à voter à l'unanimité contre les deux projets de décrets relatifs à l'aménagement du quartier d'affaires de La Défense. Dans un communiqué, la majorité présidentielle, dirigée par Joëlle Ceccaldi-Raynaud, avait expliqué : « la ville de Puteaux déplore que les projets de décrets aient été communiqués, en plein cœur de l'été, élaborés sans concertation préalable des communes concernées ». Elle regrettait également que « le périmètre de l'opération d'intérêt national (OIN), modifié dans le décret, [soit] redéfini sur la ville de Puteaux sans cohérence avec la réalité physique du territoire communal ». Le 13 octobre dernier, le conseil municipal de Courbevoie, également à majorité UMP, s'était également prononcé à l'unanimité contre ces projets. Les élus de la majorité présidentielle dénonçaient clairement à la fois la manière dont la cohérence territoriale et les volontés des élus n'avaient pas été pris en compte. Rappelons aussi que ces votes, consultatifs, auxquels ont participé les conseils municipaux des villes concernées (Courbevoie, Puteaux, Nanterre), étaient une étape avant le passage de ces décrets devant le Conseil d'Etat. Un premier décret porte sur la fusion de l'Etablissement public d'aménagement de La Défense (Epad), qui recouvre les 160 hectares du quartier d'affaires, avec l'Etablissement public d'aménagement Seine-Arche (Epasa), chargé d'urbaniser 320 hectares sur la zone voisine de Nanterre. L'autre décret élargit le périmètre « d'intérêt national » administré par l'Etat à d'autres portions de Nanterre et de La Garenne-Colombes.

Pourquoi un tel empressement à fusionner les deux établissements publics ?

Tout ou partie de la réponse repose dans le fait que la fusion des deux établissements permettra de mutualiser les risques tout en privatisant les bénéfices, alors même que l'Etat s'avère en grande difficulté pour tenir ses engagements, politiques et financiers. L'Etat avait justifié, il y a deux ans, l'institution d'une nouvelle tour à La Défense par la volonté d'utiliser la plus-value qui en découlerait pour financer les investissements nécessaires dans les transports collectifs. Dans les négociations avec les collectivités territoriales concernées, les Préfets s'étaient engagés à financer les Ponts de Seine Amont et à soutenir la reconversion industrielle de Seine Aval. Depuis lors, la crise financière et économique est passée par là, mettant à mal le modèle de développement incarné par La Défense ... et le montage financier espéré par l'Etat. La Défense se retrouve victime de son hyperspécialisation dans l'immobilier de bureaux. Et il semble bien que l'EPAD n'ait plus un budget disponible à la hauteur des engagements pris par l'Etat. Dès lors, la fusion avec l'EPASA et le projet d'élargissement du quartier correspondent avant tout à la volonté de trouver des ressources pour ces financements complémentaires. La stratégie de l'Etat dépend de fait des opportunités de court terme en termes de captation de ressources additionnelles ; et malgré l'évolution des modèles d'attractivité, accélérée par les leçons de la crise, « l'Etat-stratège » ne fait pas évoluer ses choix de développement territorial en fonction de ce que l'on  connaît aujourd'hui des systèmes métropolitains.

Le récent rapport de la Délégation interministérielle à la compétitivité et à l'attractivité des Territoires (DIACT), intitulé Concevoir l'aménagement du territoire comme une démarche de progrès, insiste, fort à propos, sur la nécessité de combiner la «polarisation» (la concentration d'activités comme à La Défense), avec la «connexion» (qui permet de relier les entreprises et la population pour concilier cohésion économique et cohésion sociale), et la «coopération» (pour permettre les économies d'échelles et les synergies d'action, créatrices d'efficacité organisationnelle). Il dénonce la fragmentation des territoires et souligne le besoin de travailler simultanément sur la qualité de vie, les services de proximité et l'égalité d'accès. Le projet de La Défense demeure en l'état très en retrait par rapport à ces préconisations : il risque d'aggraver la mono fonctionnalité et la segmentation des territoires, d'empêcher toutes les continuités, les complémentarités, les mobilités douces, l'intensité urbaine.

Il reste à évaluer si le projet prend en compte les besoins des Franciliens ainsi que ceux des entreprises qui vont devoir être courtisées (à quel prix et à quelles conditions ?) pour pouvoir être attirées.

Les polémiques ne manquent pas : certains dénoncent le fait qu'il cumule un caractère d'illégitimité (car il s'oppose aux lois de décentralisation) ; d'inefficacité (car il ne prend pas en compte les mutations actuelles en matière d'économie et de société à l'échelle métropolitaine) ; et de dangerosité écologique (car il ne répond pas aux défis environnementaux, et ne tient pas compte des lois Grenelle ni des engagements que la France va prendre lors du sommet de Copenhague).

Les affaires et la finance ne sont pas l'apanage du quartier de La Défense mais concernent tout l'Ouest parisien. Et en réduisant  les inégalités Est-Ouest, le renforcement de l'Est francilien permettrait de ne pas engorger davantage les réseaux de transport à l'Ouest. La compétitivité et l'attractivité métropolitaines exigent une approche globale bien plus intégrée des dynamiques territoriales. Un quartier d'affaire politique peut devenir tout petit à l'échelle de la métropole s'il ne prend pas en compte les interactions avec les autres territoires qu'il impacte et dont il dépend. Dans ce contexte, la nouvelle Présidente restera-t-elle sur sa ligne initiale exprimée lorsque la Présidence était promise à un autre et pour longtemps ? Ses premières déclarations n'en laissent rien penser.

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 3 Décembre 2009

Parfois, c'est bien d'aller faire un tour sur le site de l'assemblée nationale...et même on y voit que le député de sa circonscription ne prend pas part au vote sur un projet pourtant jugé essentiel aux yeux de l'UMP...grippe peut être ?

M. le président. La parole est à M. Yves Cochet.

M. Yves Cochet. Monsieur le président, monsieur le secrétaire d’État, mes chers collègues, mon propos sur le Grand Paris rejoindra partiellement les interventions de certains des orateurs qui m’ont précédé…

M. Yanick Paternotte. Il n’y en a eu que deux !

M. Yves Cochet. …aujourd’hui ou hier, monsieur Paternotte. À cet égard, j’aimerais revenir sur votre assertion selon laquelle il s’agirait d’« imaginer la région capitale de demain ». Je me demande dans quel monde nous vivons vous et moi. Ce qui s’est passé depuis septembre 2008 a-t-il vraiment été pris en compte dans ce projet de loi ? On a l’impression qu’il n’en est rien. Le Premier ministre n’a-t-il pas l’année dernière construit son budget sur l’hypothèse d’un taux de croissance de 1 % pour 2009 alors que la crise financière commençait ? En réalité, il a été à de moins 1,5 %. Autrement dit, les anticipations du Gouvernement sur l’état de l’économie française ont différé de 3,5 points du taux effectivement constaté.

M. Jacques Alain Bénisti, rapporteur pour avis. Comme dans tous les autres pays européens !

M. Yves Cochet. À vous entendre, puisque tout le monde se trompe, il n’y aurait pas de raison que nous-mêmes nous ne nous trompions pas… L’argument me paraît faible du point de vue de la raison ! Je crois plutôt que l’on a fait preuve de beaucoup d’aveuglement.

Cette année, le budget a été bâti sur l’hypothèse d’une croissance de 0, 75 %, le Premier ministre a même évoqué le chiffre de 1, 5 %. Des raisons, peu discutées ici, me laissent à penser qu’elle n’atteindra même pas 0,75 %.

Que penser dès lors du projet de Grand Paris, voire de ce très grand Paris imaginé par Nicolas Sarkozy jusqu’au Havre ? M. Pompidou a eu son centre, M. Mitterrand sa pyramide ; M. Sarkozy veut avoir son Grand Paris et vous-même, monsieur le secrétaire d’État, voulez avoir votre métro ? Je suis presque convaincu que de tels projets ne pourront se réaliser pour des raisons qui semblent échapper à ce projet de loi.

Permettez-moi ici de faire référence à un rapport élaboré par la Société générale pour ses clients, auquel Le Figaro du 20 novembre dernier a consacré un article.

M. Jean-Christophe Lagarde. Grande experte en prévisions, comme chacun sait !

M. Yves Cochet. Mais vous savez bien que tout le monde peut se tromper. Je le cite : « Les récents plans de sauvetage mis en place par les gouvernements mondiaux ont simplement transféré les passifs du secteur privé au secteur public, créant une nouvelle série de problèmes ». En outre, le rapport évoque, entre autres scénarios, une nouvelle chute des marchés, une inflation galopante ainsi qu’une forte chute du dollar. Il conclut même en évoquant un « éventuel effondrement économique général ».

Compte tenu de ces perspectives, certes hypothétiques, et de la faible probabilité d’une reprise de l’emploi, je me demande comment l’on peut encore concevoir un projet de loi relatif au Grand Paris en prévoyant d’y consacrer plusieurs dizaines de milliards, alors qu’il ne s’agit que du début d’un commencement. Pour le seul « tube », on prévoit 21 milliards d’euros. Comment croire qu’un tel projet pourra se réaliser ? Il faudra du temps et en 2020, le monde aura changé en profondeur : votre métro ne pourra jamais exister !

M. Jean-Christophe Lagarde. Avec de tels raisonnements, jamais le métro parisien n’aurait été créé !

M. Yves Cochet. Nous avons simplement une vision de l’avenir, y compris pour la région capitale, totalement différente de la vôtre, imprégnée de religion croissantiste,…

M. Jean-Frédéric Poisson. Nous y voilà !

M. Yves Cochet. …avec priorité au bétonnage et à la création de nouvelles infrastructures, au motif que la région capitale n’en compterait pas assez !

Ce projet de loi est paradoxal. Il se caractérise tout à la fois par son étroitesse – un simple métro, fût-il extrêmement coûteux – et sa démesure. Il passe à côté de son sujet pour proposer des solutions tantôt insuffisantes, tantôt titanesques : vous voulez construire une rocade au tracé inadapté et un centre de recherches sur le plateau de Saclay qui déséquilibrerait à la fois le territoire de l’ensemble du pays et les pôles de recherche franciliens.

Il s’agit d’un mauvais texte, parsemé d’erreurs de jugement, d’analyse et de diagnostic. En somme, c’est un texte aveugle à toute vision lucide de l’avenir.

Son titre même est mensonger. Censé être consacré au Grand Paris, il ne concerne en fait que le droit de l’urbanisme et un peu celui des transports. Cela n’a rien à voir avec la vision du Grand Paris qu’ont proposée dans leurs projets la dizaine de cabinets d’architectes sélectionnés, il y a quelques mois.

M. Yanick Paternotte. Chaque chose en son temps !

M. Yves Cochet. Du travail de ces dix équipes, je ne vois nulle trace dans votre projet de loi. Je citerai l’une d’elle, formée du duo franco-allemand Geipel et Andi : « La perspective n’est pas un plus grand Paris, toujours plus grand, mais un Paris autre, qui au lieu de se définir par ce qu’il n’est pas – banlieue, espace vert, cité-dortoir, zone d’activités ou centre de loisirs – se déterminerait par ce qu’il est aussi : une ville qui entreprend les pas d’une nouvelle métamorphose dans l’ère post-Kyoto et qui repense les séparations entre nature et culture, entre intérieur et extérieur, entre polycentralité et densification. Nous pensons que Paris peut être le laboratoire d’une autre métropole : la métropole douce ».

Monsieur le secrétaire d’État, à l’évidence, vous ne proposez pas une métropole douce, mais un territoire urbain désincarné, détaché de son environnement et du bien-être de ses habitants. Je ne crois pas que l’on puisse créer une métropole à travers un réseau de transports. Vous avez répondu hier qu’il s’agissait d’un premier pas et que d’autres projets seraient consacrés à l’ensemble des aspects du Grand Paris.

Mais qu’en est-il aujourd’hui du logement, de la préservation de l’environnement, du maintien d’une agriculture de proximité, de la qualité de la vie, de l’accès à la culture et de la lutte contre la ségrégation urbaine ou de la mixité sociale ? Rien. Alors que 10 % de la population d’Île-de-France vit en dessous du seuil de pauvreté, aucune solution n’est formulée dans votre projet de loi pour remédier à cette situation.

Vous proposez un « grand huit » qui relie les quartiers d’affaires aux aéroports : en réalité, il ne sera utilisé que par quelques femmes ou hommes d’affaires. On peut même se demander s’il ne sera pas constamment à moitié vide.

Votre projet inclut bien sûr les aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et Orly. Apparemment, vous croyez dur comme fer au développement futur d’un transport aérien en progression constante de plusieurs points chaque année. Il fut même un temps question d’un troisième aéroport – vous devez vous en souvenir, vous qui vous êtes occupé des affaires aériennes – que l’on ne savait pas vraiment où implanter : en Île-de-France ou un peu plus loin vers Compiègne ou Chartres, voire en Picardie. Et je ne parle pas de l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes que notre ami Jean-Marc Ayrault défend, hélas ! contre toute raison.

M. Jean-Christophe Lagarde. Ah !

M. Yves Cochet. Croire en la nécessité de construire davantage d’aéroports en France dans une perspective de cinquante à quatre-vingts ans, c’est supposer que le trafic aérien va continuer de croître dans les années 2025 à 2050. C’est être totalement aveugle à la réalité des contraintes géologiques qui pèsent sur le transport aérien, du fait de la moindre accessibilité aux énergies. Le kérosène sera devenu si coûteux que les clients de la classe économique déserteront les aéroports. Vous commettez une très grave erreur que nous paierons très cher. C’est un éléphant blanc, à l’instar du canal Rhin-Rhône à grand gabarit.

On ne saurait penser une métropole post-Kyoto sans remettre en cause les vieux schémas selon lesquels big is beautiful. La concentration d’activités tertiaires sur un territoire limité ne peut avoir des résultats positifs. Le 26 juin 2009, l’EPAD, rendu célèbre par une certaine affaire familiale, a informé ses administrateurs que son plan financier 2009-2016 allait connaître un déficit de plus de 150 millions d’euros. La « Tour sans fin » de Jean Nouvel, qui n’a jamais eu de début, est obsolète : le modèle des tours de 300 mètres, exclusivement fondé sur la spéculation, est devenu impossible à financer. La seule durée des chantiers compromet leur rentabilité, à tel point que l’on en vient à envisager des ouvertures par blocs afin de permettre des rentrées financières plus rapides… Un exemple de plus de l’inanité à s’obstiner à concentrer certaines activités dans des zones bien arrêtées au lieu de favoriser la mixité. Or vous voulez à nouveau faire du zonage à grande échelle.

Bien sûr, je me réjouis que la commission nationale du débat public ait été réintroduite à la faveur des débats en commission. J’espère que cet acquis ne sera pas remis en cause au cours de nos débats dans l’hémicycle. Comme l’ont déjà dit certains orateurs, la participation du public et des élus est essentielle, compte tenu des projets démiurgiques que l’on envisage sur leurs territoires.

Je déplore l’absence de clairvoyance quant aux parties prenantes du secteur des transports. La section CGT de la RATP a dit refuser un « dépeçage en règle » de l’entreprise publique de transport après l’adoption d’un amendement au projet de loi sur le Grand Paris prévoyant une séparation juridique entre gestion de l’infrastructure et exploitation.

Votre texte est également amnésique, car il existe un outil beaucoup plus porteur et convaincant pour aménager la région, même s’il n’est pas parfait : je veux parler du schéma directeur de la région Île-de-France, adopté il y a quatre ans. Alors qu’il aurait pu, à tout le moins, servir de base, votre projet le met totalement de côté. Ce document est actuellement bloqué au Conseil d’État. Vous préférez préparer les élections régionales avec un projet qui n’a pas lieu d’être.

Notre temps de parole étant limité, je vais me concentrer sur les grandes lignes.

Ce projet n’a rien d’écologique. Il repose sur une vision productiviste et aveugle de l’avenir. Il est également inéquitable car il renforce les déséquilibres entre les sous-régions de la région Île-de-France. Qui plus est, il est imprécis et complexifie davantage le système.

En conclusion, votre projet se réduit à une vision d’infrastructures et non pas d’aménagement global ou d’avenir. Il sera, hélas ! sans doute voté par notre assemblée, mais je prends le pari avec vous qu’il ne sera pas réalisé...

M. Jacques Alain Bénisti, rapporteur pour avis. C’est le pari du non-Paris !

M. Yves Cochet. ...parce que l’histoire réelle de la décennie qui arrive le rendra impossible.


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Rédigé par Catherine Candelier

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