Fondation Hamon : Devedjian ne veut pas payer
Publié le 14 Mai 2008
mercredi 14 mai 2008 | Le Parisien
Le conseil général fait de la résistance dans l'affaire du musée Hamon. Pas question de payer tant que les comptes n'ont pas été clarifiés.
L'AFFAIRE de la Fondation Hamon faisait débat hier devant le tribunal d'instance de Vanves. Pas sur le fond du dossier de cette fondation d'art contemporain qui n'a jamais vu le jour à Issy-les-Moulineaux, mais pour une histoire de gros sous. Jean Hamon, le mécène dont les oeuvres devaient être exposées, réclame au conseil général des Hauts-de-Seine le paiement du gardiennage des tableaux entreposés...
Un soupçon de fausses factures Dans le contrat, il est prévu qu'en attendant l'ouverture de la fondation les oeuvres seront abritées dans la propriété de Jean Hamon... aux frais du syndicat mixte. Issy participe pour un tiers, le conseil général pour les deux autres tiers. Nicolas Sarkozy, arrivé à la présidence du département en avril 2004, avait cessé de payer pour ces tableaux dont personne ne profite. Mais la justice a condamné le conseil général à s'acquitter des loyers en 2005. En arrivant à la tête du conseil général, au printemps dernier, Patrick Devedjian s'est à nouveau penché sur le dossier. Sans contester qu'il doit verser les loyers, il s'est attaché à chercher des solutions « pour en sortir » et a d'abord choisi un nouvel avocat, Olivier Schnerb. Hier, ce ténor du barreau a demandé au tribunal de désigner un expert-comptable qui plongerait son nez dans les factures. Car Jean Hamon est mis en examen pour détournements. Il est soupçonné de s'être fait rembourser des frais justifiés par de fausses factures. « Il faut savoir ce que l'un doit à l'autre et inversement », résume l'avocat du département. Face à lui, Philippe Gumery, avocat de Jean Hamon, n'en démord pas : les loyers sont dus et, si son client a commis des délits, ce sera au tribunal correctionnel d'en juger. Il réclame précisément 184 033 € au titre des loyers du quatrième trimestre 2007 et des deux premiers semestres 2008. Le tribunal se prononcera le 3 juillet. D'ici là, la juge d'instruction de Versailles aura peut-être rendu son ordonnance dans cette affaire où, en plus de Jean Hamon, Charles Pasqua, André Santini et Bernard Bled, ancien directeur des services du conseil général, sont mis en examen. A moins d'un non-lieu, tous pourraient se retrouver à la barre d'un tribunal correctionnel et y être jugés pour « détournements de fonds publics » et « prise illégale d'intérêts ».