moi je...

Publié le 26 Décembre 2011

Journée des ratages.

 

On se lève ce matin avec quelques flocons qui tombent et il fait froid.

Bravant le mauvais temps, nous partons explorer la colline située au-dessus de l'université pour y découvrir...quelques temples bien sûr !

Nous n'arrivons même pas à nous perdre et rejoignons la cafet' de la fac où je déguste le curry du président (de l'université semble-t-il) : ils le vendent en boîte pour les amateurs.

 

Le temps ne s'arrangeant vraiment pas, passage par l'appart pour déposer les vélos et nous prenons le bus pour nous rendre au musée du cinéma à l'autre bout de la ville (le seul musée apparemment ouvert le lundi).

Malheureusement pour nous, nous arrivons seulement une demie heure avant la fermeture, on laisse donc tomber la visite qui est en plus hors de prix...

De là, nous empruntons un tram train d'époque, très agréable.

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Et nous voici dans le quartier d'Arashiyama, le plus à l'ouest de la ville et aussi l'un des plus touristiques. Le paysage est superbe au bord de la rivière.

 

 

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Mais, bon, encore une fois, nous arrivons trop tard pour grimper la colline et aller voir les babouins (peu sauvages d'après les guides) dans la forêt. Trop tard, parce que la caisse est fermée...et oui, il faut souvent payer au Japon !

 

La nuit approchant, nous attendons un bus pour rentrer...au bout d'une bonne demie heure dans un air glacé, notre bus n'ayant toujours pas fait son apparition, nous reprenons le tram-train jusqu'au centre puis un bus jusqu'à la maison.

 

Donc, le lundi quand il fait froid à Kyoto, c'est moins sympa qu'un autre jour de la semaine ensoleillé.

 

Suite des aventures demain, avec au programme des musées, car le temps ne se prête toujours pas à mettre le nez trop dehors !

 

et des photos, il y en a là : https://picasaweb.google.com/113193842475826389343/20111226103716

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 25 Décembre 2011

Non, ne croyez pas un instant que je vais vous écrire un article sur la haute technologie d'ici....

 

Ce matin nous nous sommes rendus dans une église (non pas parce que nous avons été soudain touchés par la grâce divine, mais simplement parce que nous y étions invités). Rencontres sympathiques avec un étudiant, futur diacre, natif du Burkina Fasso, un Franco-Polonais originaire du Pas-de-Calais et un prêtre québécois.

Nos amis japonais me branchent sur Fukushima, nous commentons ensemble les gros mensonges de Tepco. On m'apprend que Tepco refuse de reconnaître les déchets radioactifs hors de ses centrales comme étant sa propriété. J'imagine bien les longues batailles judiciaires que vont devoir entamer les victimes.

 

Après-midi au marché aux puces, qui n'a rien à envier à la Porte de Clignancourt. Sauf que celui que nous avons visité se trouve à la porte d'un grand sanctuaire shintoïste...bref, les marchands du temple !

On y trouve un peu de tout, surtout du monde.

 

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Et aussi des choses à manger, toutes sortes de choses....

 

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Je me suis aussi trouvé un kimono qui risque de faire des jalouses à mon retour...

 

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 25 Décembre 2011

 

On ne serait certainement pas venus jusqu'ici pour admirer des choses semblables à celles que nous avons chez nous.

 

Tout d'abord, il faut s'habituer au fait que tout ne tourne pas comme chez nous : ils roulent à gauche (et en vélo, les premiers jours demandent de la concentration) et les serrures des portes fonctionnent "à l'envers". On a donc un peu toujours la tête en bas !

 

Ensuite, il faut s'habituer à un certain ordre dans la vie de tous les jours : tout est polissé, aucun déchet par terre, pas l'ombre d'une poussière. Nous croisons des gens qui balayent les feuilles d'arbre un peu partout (sur les trottoirs, dans les jardins des temples). Les chauffeurs de taxi sont en uniforme et portent des gants blancs. Même chose pour les chauffeurs de bus auxquels on rajoute une casquette.

 

Le moindre petit chantier exige qu'au moins une personne (en uniforme aussi) se tienne devant pour réglementer la circulation et éviter un accident aux piétons. Idem pour les sorties des grands parkings.

 

Côté circulation, les grandes artères sont chargées, mais le Japonais semble patient et ne klaxonne que rarement. Il existe beaucoup de petits parkings (de quelques places) aménagés entre les constructions ou dans des impasses. D'autres rues sont super calmes et permettent de faire du vélo en toute tranquilité. Sinon, on roule sur les trottoirs en faisant marcher de temps à autres la sonnette pour avertir les piétons. Pour garer les vélos, c'est parfois sportif, car c'est interdit dans certains secteurs. On a alors recours à des parkings à vélo payants.

 

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  La politesse, légendaire, est de mise. On multiplie les courbettes en disant bonjour, merci, au revoir. Les employés saluent leur lieu de travail (ou alors leurs clients ?) en quittant leur poste. On se dit merci quinze mille fois. On nous montre à chaque fois la somme à payer sur la caisse (le gajin ne parle forcément pas japonais) et on calcule devant nous la monnaie à rendre.

 

Côté campagne électorale, là encore, c'est différent. Quelques affiches sur les murs qui ressortent beaucoup, puisqu'ils ne sont absolument pas envahis de pub. Et des camionnettes qui parcourent les rues avec des hauts-parleurs pour- on l'imagine- vanter les mérites des candidats.

 

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Et puis un peu partout des distributeurs de boissons parfois étranges.

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Chaque quartier possède sa boulangerie française. Boulangeries, restos, traiteurs français bien plus présents que Mac do et on ne va pas s'en plaindre.

 

A l'entrée des maisons, des temples, on laisse ses chaussures à l'entrée.

 

Et enfin, vous vous y attendez : quelques lignes sur un lieu utile plusieurs fois par jour...les toilettes. Elles sont toutes équipées électroniquement. Dans les lieux publics, type centre commercial, on peut mettre de la musique. Ailleurs, le tableau de bord est digne d'un cockpit d'avion.Les nôtres sont d'un raffinement exquis puisque lorsque l'on déclenche la chasse d'eau, se déclenche aussi un robinet d'eau lave-mains situé sur la chasse d'eau. Les toilettes traditionnelles sont elles munies d'un mode d'emploi, car elles sont un peu déroutantes.

 

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 25 Décembre 2011

En cette veille de Noël, il est grand temps de courir les magasins de centre-ville à la recherche d'une dinde et de marrons afin de fêter dignement. Enfin, je dors un peu normalement.

 

Direction la galerie Teramachi, sorte d'énorme passage parisien, rempli de boutiques (et de temples) en tous genres.

 

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Nous faisons quelques emplettes évidemment toujours utiles, genre souvenirs et petits cadeaux. Il y a foule et frénésie, mais une frénésie toute japonaise, c'est-à-dire disciplinée.

 

Après déjeuner, nous nous rendons à la gare centrale de Kyoto, gare immense où se trouve un centre commercial délirant. Dans une sorte de supermarché, se trouvent des dizaines de stand de bouffe où les queues sont réglementées par un employé. Désolée, pas de photos car vu le monde, je n'ai pas réussi à sortir mon appareil.

 

 

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Nous allons prendre l'air à pieds, en passant par la poste centrale, jusqu'à la pagode la plus haute du Japon (55 mètres). Cela nous donne l'occasion de traverser des quartiers périphériques un peu glauques, mais tranquilles.

 

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Au retour, nous nous consacrons au achats du dîner de Noël qui consistera en quelques filets de poulets accompagnés de patates. Nous testons une espèce de muscat non alcoolisé de couleur verte.

 

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(elle est pas belle ma table de Noël ???)

 

Encore une journée de balades à vélo, dans cette ville presque toujours plate.

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 23 Décembre 2011

A la fin de ce séjour, je me serai transformée en lève tôt (5 heures ce matin, ça commence à être dur).

 

Journée Buda donc, sous le soleil à peu près, mais la température de 5 degrés rend les promenades un peu fraîches. Heureusement entre deux visites, on pédale et on s'arrête parfois dans de charmants cafés au nom souvent français.

 

Notre première destination est le pavillon d'argent, qui n'est pas du tout en argent, mais qui est vraiment magnifique.

Vous n'avez qu'à aller voir les photos !

 

Nous parcourons ensuite le chemin de la philosophie jusqu'au non moins magnifique temple Honen in, situé sur la colline.

 

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On longe toujours le chemin jusqu'au temple Zenrin ji qui recèle un Bouddha unique puisqu'il regarde par dessus son épaule. Malheureusement là pas de photos c'est interdit...

Mais on se rattrape sur la vue panoramique sur la ville qui nous récompense de nos efforts pour grimper.

 

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Petite pause déjeuner à la maison, puisque le chemin de la philosophie se trouve à deux roues de vélo de là.

Et nous repartons explorer la colline du dessus qui s'avère être truffée de temples et de cimetières. là encore, plein de boudhas.

 

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On termine la virée touristique par le sanctuaire Helan, qui célèbre le premier et le dernier empereur ayant vécu à Kyoto.

C'est enfin l'heure de se préoccuper des courses, on achète des choses un peu bizarres. Dont une qui reste encore mystérieuse plusieurs heures plus tard...

 

 

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D'autres photos à venir, soyez patients un peu...et si le courage me vient (ainsi que l'accès à la clé 3g....), je vous promets un super article sur les trucs et les machins étranges ici.

 

Voilà les photos : https://picasaweb.google.com/113193842475826389343/20111223101322?authkey=Gv1sRgCLvJ9JWT77q4eg

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 22 Décembre 2011

Mes nuits se rallongent un peu, mais debout quand même à 6 heures...

 

Grande balade à vélo ce matin pour normalement aller jusqu'au temple Kennin Ji, simplement d'une part on s'est d'abord perdus et d'autre part on n'a pas trouvé l'entrée de ce merveilleux temple qui recèle d'après les guides de fabuleux rouleaux.

 

Bon, pas grave, on s'arrête pour déjeuner chez (biiiiip), vu que certains membres du groupe manquaient de frites. Puis, nous visitons les grands magasins de luxe, j'en profite pour changer enfin la pile de ma montre en rade depuis dimanche dernier. Dans le premier magasin, le réparateur de montres refuse de faire le boulot : il a peur de casser le verre en ouvrant. J'ai beau insister, je comprends qu'ici quand c'est non, c'est non. Heureusement, dans le second magasin, le type est plus sympa et me change ma pile. Me voilà à nouveau à l'heure ! A l'heure de Kyoto enfin.

 

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Nous filons ensuite vers le musée du manga, art auquel j'avoue être quelque peu fermée...

 

 

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Puis, découverte du château de Nijo. construit en 1603 pour le shogun. Evidemment le tout est en bois et cela explique les incendies successifs. Le parc est immense et nous faisons une très agréable promenade.

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Nous nous perdons encore un peu avant de rejoindre l'université où nous assistons à une petite fête de fin d'année avec les collègues de mon père. Pizza et bières. Il y a aussi des shushis pour les amateurs...

 

Je me promets depuis que je suis ici de vous décrire les choses différentes de not' chez nous. Il faudra juste que je m'y mette !

 

et puis toujours d'autres photos ici : https://picasaweb.google.com/113193842475826389343/20111222112352

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 21 Décembre 2011

Réveil à Kyoto, après pour ma part une très courte nuit...j'espère que la prochaine sera plus longue, mais il est difficile de trouver le sommeil à 3 heures de l'après-midi...

 

Nous prenons le bus, on se perd forcément, mais on finit par se retrouver quand même.

Nous assistons à une cérémonie de passage de volant entre deux chauffeurs. Ils sont en costume, casquette, gants blancs. Le chauffeur qui descend fait évidemment une courbette aux passagers avant de nous quitter.

 

Direction location de vélos à un prix fort honnête. Et comme Kyoto est une ville assez plate, le vélo se révèle un excellent moyen de transport, d'ailleurs il y a beaucoup de cyclistes dans les rues. Ca roule un peu n'importe comment, mais A GAUCHE, ce qui est plutôt déroutant lors des premiers coups de pédale.

 

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l'intérieur du bus

 

Nous nous dirigeons vers THE LE TEMPLE, c'est-à-dire le Pavillon d'Or; Magnifique bâtiment dans un cadre superbe. Et nous échappons à la foule qui semble-t-il vient visiter en nombre ce monument. Pour les ignares, lire d'urgence Le Pavillon d'Or de Mishima.

 

 

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Après la visite nous nous sustentons de plats chinois (c'est promis, la prochaine fois on essaye japonais).

Nous nous rendons au temple Ryoanji, dont la principale attraction est un jardin zen datant de 1500. Après, nous nous sentons beaucoup plus sereins.

 

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Nous rentrons avant que la nuit tombe (et décidemment elle tombe vite) en traversant une bonne partie de la ville et en prouvant que nous avons tout compris à la circulation cycliste sur trottoir.

 

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D'autres merveilleuses images que vous aimez tant : https://picasaweb.google.com/113193842475826389343/20111221103242

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 20 Décembre 2011

Bon aller à Kyoto, c'est pas tous les jours non plus. Ca mérite bien quelques articles que je m'en vais vous livrer au fur et à mesure de mon voyage.

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Tout d'abord ça commence par Roissy, une petite alerte au bagage perdu qui fait se vider justement l'endroit où on doit enregistrer (on = moi, ma nièce et mon neveu), et évidemment une petite grève de la sécurité qui fait qu'on arrive pile poil à la porte d'embarquement.

Ensuite, ben on poireaute sur le tarmac à cause de tous ces incidents...on finit par décoller : 11h 40 au dessus de la Pologne, de la Russie, de la Chine...ça dépayse. Et c'est long quand même pour une fumeuse....surtout quand il n'y a rien au programme ciné, sauf se revoir Bienvenue chez les cht'is pour la énième fois et s'écouter du Keziah Jones, du Areta Franklin, un peu de Diana Ross...Bref, pas fermé l'oeil malgrè la nuit qui nous entoure.

Arrivée à Osaka, formalités de douane qu'on avait oubliées depuis longtemps, depuis l'espace Shengen. Joie de se retrouver étrangers, ne comprenant rien ni à l'écrit ni à l'oral...Et bien sûr c'est là qu'on vous pose plein de questions et plein de formulaires à remplir (que je remplis un peu n'importe comment j'avoue...).

On finit par trouver le taxi collectif et c'est parti pour une heure et quelques d'autoroute, le long de la mer, traversées d'aires industrielles pas super jolies.

 

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Le taxi nous dépose miraculeusement à la bonne adresse (ici, les rues ont rarement un nom). Nous faisons la découverte de l'appartement où nous allons passer notre séjour avec mon père. On mange un peu (des pâtes, soyons fous). Petite sieste (je ne dors toujours pas) et hop, une balade jusqu'à la supérette.

 

 

En chemin, nous croisons au moins un temple que nous nous empressons de visiter. Des temples à Kyoto, il y en a 2000, alors forcément, y'en a un près de chez vous, où que vous soyez.

Celui-là est plein de statues de lapins, qu'il faut vénérer pour avoir des enfants. Nous vénérons donc, on verra le résultat.

 

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Nous poursuivons notre chemin pendant que la nuit tombe ( à 17 h). Découverte des rayons du magasin, on ne tente pas le diable en achetant presque que des choses que nous reconnaissons....le reste ressort, comment dire...du bizarre !

 

26 heures que je n'ai pas dormi....A table bientôt.

Demain on va se louer des vélos et à nous Kyoto !

 

Comme je sais que vous êtes friands d'images, profitez-en, je vous en ai mis plein ici : https://picasaweb.google.com/113193842475826389343/20111220101246

 

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Rédigé par Catherine Candelier

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Publié le 28 Août 2011

Son discours aux journées d'été d'Europe Ecologie Les Verts :

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Chères ami(e)s,


Je vais vous faire une confidence. Grâce à vous, qui m’avez désignée, je suis une candidate à la Présidence de la République fière de porter les idées de notre maison commune, Europe Ecologie Les Verts.

Je suis une candidate qui porte l’espoir d’un monde nouveau. Celui pour lequel se battent les écologistes sur la planète, notre maison commune. Avec vous, je veux rendre ici hommage a José et Maria da Silva, deux militants écologistes lâchement assassinés au mois de mai dernier comme le syndicaliste brésilien Chico Mendes qui en 1988, était victime des grands propriétaires terriens parce qu’il défendait la foret, la biodiversité et les peuples indigènes qui l’habitent.

Je suis aussi une candidate préoccupée par les conséquences de la crise financière la plus grave depuis la Guerre. Disons-nous la vérité ! La campagne électorale qui s’ouvre sera passionnante mais difficile, pour nous les écologistes. Nous devons garder en mémoire ce que L’Histoire nous enseigne. Les menaces que fait peser sur les peuples la désorganisation et la violence d’un système économique à bout de souffle peuvent conduire au pire.

Si nous voulons convaincre nos concitoyens de ne pas céder aux sirènes de replis identitaires et démagogiques, nous devons faire preuve à la fois de beaucoup d’audace, de courage et de réalisme. Vous avez choisi une jeune en politique mais expérimentée dans les affaires du monde. Vous avez tracé une feuille de route à la mesure du défi qui nous attend : défendre des idées neuves pour réformer radicalement un système qui est en train d’imploser sous nos yeux ; proposer des solutions précises pour éviter que les désordres ne conduisent à aggraver les injustices écologiques et sociales dont nous souffrons tous, et plus particulièrement les plus vulnérables.  

Je veux prendre d’abord pour exemple, évidemment, l’actualité économique dramatique de cet été. Il ne nous suffit pas de dénoncer la crise actuelle comme la conséquence inéluctable d’un système productiviste et d’une mondialisation financière qui conduisent tout droit à la catastrophe. Il faut proposer des mesures concrètes pour éviter un chaos planétaire.

Les solutions pour réduire les dépenses et augmenter les recettes publiques existent. Nous, les écologistes, nous ne voulons pas léguer à nos enfants les dettes de toutes sortes. Il faut en finir avec tous les gaspillages :

- Les privilèges fiscaux accordés aux fortunes les plus élevés   et aux multinationales. 172 milliards d’euros par an.

- L’entretien de l’arsenal nucléaire militaire. 4 milliards d’euros par an.

- La fraude fiscale : 30 a 40 milliards d’euros par an. 

Nos solutions ont aussi pour nom l’harmonisation européenne de la fiscalité . Notre continent est la zone du monde où la concurrence fiscale est la plus forte. Entre la concurrence fiscale et le modèle social, moi j’ai choisi.

Je choisis aussi, comme nous l’avons proposé au Parlement Européen, de taxer les transactions financières  créant ainsi 170 milliards d’euros de recettes nouvelles.

 Je veux rétablir la justice fiscale en France en refondant les règles actuelles, totalement injustes. La progressivité de l’impôt c’est le contraire de la démagogie, c’est un acquis démocratique qu’il faut défendre. Je suis la seule à dire la vérité aux français à ce sujet : nous ne pouvons pas défendre notre modèle de société et réduire l’endettement à fiscalité constante.

Les solutions pour dépenser mieux existent aussi. Elles ont pour nom l’investissement dans les énergies renouvelables, le lancement d’un plan d’économies d’énergie, les primes à la consommation locale et durable.

Voilà des pistes précises. Je doute fort que le Président de la République et le Premier Ministre, qui doivent prendre des mesures urgentes dans les jours qui viennent, les retiennent. Même si Nicolas Sarkozy et Angela Merkel ont parlés d’une taxe sur les transactions financières. Leurs réponses ne sont pas à la hauteur. Leur règle d’or est inefficace économiquement et absurde politiquement. Non, M. Fillon, la France n’a pas besoin d’une union sacrée, elle a besoin de solutions nouvelles. Je soumets ces idées aux Français qui devront décider, dans neuf mois, comment relever durablement les DEFIS: financer la reconversion écologique, défendre notre modèle social et les services publics, réduire progressivement  notre endettement.
Cette crise n’est pas boursière. Elle est celle d’un modèle de développement. Cette crise n’est pas nationale. Elle est celle de la mondialisation libérale. Nous devons y apporter des réponses qui à la fois protègent les Français et engagent un nouveau cours dans la construction d’une véritable politique européenne.  Avec Claudia Roth, co-présidente des Verts allemands, nous ferons rapidement des propositions communes en ce sens.

Oui, il est possible d’agir pour désarmer les marchés financiers. Cela fait vingt ans que je m’attache à cette question, d’abord comme juge au pôle financier quand je luttais contre la corruption, ensuite quand les gouvernements norvégiens et islandais m’ont demandé de les conseiller, enfin aujourd’hui comme présidente de la commission du développement du Parlement Européen. Oui, les leviers existent pour imposer un nouveau cours à la finance internationale. Rien ne nous empêche d’interdire définitivement les ventes à découvert qui permettent de spéculer sur la baisse d’un titre qu’on  ne détient même pas. Rien ne nous empêche de fermer les marchés de gré à gré de produits dérivés qui sont des marchés opaques. Rien ne nous empêche d’interdire la spéculation sur les dettes souveraines en interdisant les CDS ‘nus’.  Rien ne nous empêche de créer rapidement une agence de notation publique et européenne. Rien ne nous empêche de conduire un audit de la dette des pays de l’union européenne. Les citoyens ont le droit de savoir.  Au nom de mon expérience, je vous le dis : les hedge funds, les fonds de pensions, les paradis fiscaux, les traders ou les banquiers ne feront plus la loi.

Chers amis, mon expérience de juge m’a appris une chose essentielle. Pour faire justice, il convient d’avancer pas à pas, en gardant toujours comme ligne de conduite l’intérêt général. Ce dernier, nous le savons bien, passe désormais par une refonte complète de nos économies et une revitalisation de nos démocraties. Nous avons, nous les écologistes français, une responsabilité fondamentale : conduire l’écologie au pouvoir dans l’un des pays les plus puissants de la planète. Nous ne le ferons pas en un jour. Nous ne le ferons pas seuls. Mais je suis déterminée, croyez-moi, à le répéter tout au long de notre campagne :  sur bien des sujets qui nourrissent aujourd’hui l’actualité politique, les écologistes ont raison depuis trente ans !

Souvenons-nous de la campagne présidentielle de René Dumont en 1974 qui à la télévision, un verre d’eau à la main, nous avait décrit ce qui allait se passer : « Je bois devant vous un verre d’eau précieuse puisqu’avant la fin du siècle, elle manquera ».

Il serait aujourd’hui le premier à dénoncer le retour des famines, notamment dans la Corne de l’Afrique, où un drame humanitaire majeur est en train de se jouer.

Privatisation des biens publics, risques nucléaires, atteintes à la biodiversité, dangerosité des OGM, dégâts de l’agriculture intensive : les écologistes ont étés les lanceurs d’alertes, ils sont aujourd’hui les porteurs de solutions. Il est désormais temps qu’elles prennent toute leur place. L’écologie, c’est maintenant ! Et pour que les choses soient encore plus claires : nous n’avons pas seulement l’intention de faire témoigner nos idées dans le grand débat démocratique qui s’ouvre. Nous avons la volonté de les faire gagner !

Ces idées tiennent principalement en quatre grands chapitres.

Premièrement, pour préserver l’avenir et prévenir de risques majeurs, nous voulons une transition énergétique pour sortir de l’économie carbone et du nucléaire. La sortie du nucléaire en vingt ans est réalisable.. Les économies d’énergies, l’efficacité énergétique et les filières de l’énergie renouvelable  sont riches de centaines de milliers d’emplois, comme l’ont si bien compris les allemands.  La France n’a pas le droit de prendre le risque d’un nouvel accident nucléaire. Du dérèglement climatique à la catastrophe de Fukushima, chacun mesure les conséquences de politiques irresponsables qui peuvent se résumer par : « après moi, le déluge » ! Nous savons aujourd’hui que le risque d’un accident nucléaire majeur en Europe n’est pas un risque mais une certitude, comme nous l’ont démontrés Bernard Laponche et Benjamin Dessus. Pour nous, la sortie du nucléaire ne se négocie pas, elle s’impose. Il faut que les choses soient claires : il n’y aura pas d’écologistes dans un gouvernement qui n’engagerait pas la sortie du nucléaire.

Deuxièmement, cette transition énergétique suppose une transformation écologique de l’économie, fondée sur la relocalisation et la reconversion des industries ainsi que sur une protection des frontières européennes à partir de critères environnementaux et sociaux. Il faut en finir avec  le court-termisme, la société du jetable et le culte de la croissance fondée sur des chiffres faux. Au « toujours plus » du PIB, nous devons opposer le « toujours mieux » des citoyens. La France doit se doter d’indicateurs nouveaux, en s’inspirant des propositions faites par la commission Stiglitz, vite mise au panier par le Président de la République en 2009.  Notre objectif est de bâtir une économie économe, responsable et régulée, tournée vers le long terme. Bref, une économie qui  permette de travailler mieux, moins et pour tous.

Troisièmement, nous nous battons pour le droit au respect et à la dignité pour tous.  Nous voulons particulièrement lutter contre la discrimination territoriale. Les banlieues et les zones rurales abandonnées à leur sort ne sont pas une question secondaire. C’est là que se joue l’avenir de la République. Le sentiment d’exclusion des populations qui n’ont pas accès à des services publics adapté et à des conditions de vie décentes est une véritable bombe à retardement. Nous venons d’en voir une forme d’explosion en Angleterre. Les Français réclament de la dignité face aux discriminations de toute sorte. Ils réclament de la justice sociale face au chômage qui frappe particulièrement les jeunes. Ils réclament de la sécurité face aux violences et aux incivilités. L’écologie de responsabilité que je défends, c’est d’abord le refus d’accepter une société à deux vitesses : celle pour les nantis des centres villes et des quartiers d’affaires ; celle pour les exclus des zones abandonnées à leur sort.

Quatrièmement, nous voulons le renouveau démocratique. Définir le bien commun, c’est l’affaire de tous. La politique appartient à tous ceux qui veulent agir pour l’intérêt général. C’est une question de principe, bien sûr, mais c’est aussi une question de pragmatisme: on a besoin de tout le monde ! Je plaide pour que nos institutions s’ouvrent enfin à l’énergie créatrice de la société. Je plaide pour un printemps démocratique qui, face à la puissance des forces de l’argent, donne une légitimité plus forte au politique. Je m’engage pour une 6e République. Proportionnelle, parité, non cumul des mandats, droit de vote des étrangers : nous sommes pour la redistribution des pouvoirs et nous nous engageons à le faire si les électeurs nous en confient le mandat.

  Chers amis,

Nos idées sont ambitieuses, mais elles sont à la hauteur du grand débat démocratique qui s’ouvre. Notre pays sort abîmé du quinquennat de Nicolas Sarkozy.  Permettez-moi de le qualifier d’un seul mot : recul. Recul écologique que symbolisent l’abandon de ce qui avait été négocié lors du Grenelle de l’Environnement ou les atermoiements sur les gaz de schiste. Faut-il rappeler la déclaration de Nicolas Sarkozy, il y a un peu plus d’un an : « l’environnement, ça commence à bien faire ». Recul économique et social, encore, que symbolisent le bouclier fiscal et l’aggravation des inégalités en matière de retraites. Faut-il rappeler que l’espérance de vie d’un ouvrier, à 35 ans, est de 6 ans inférieure à celle d’un cadre supérieur ? La réforme des retraites conduite par le gouvernement est une reforme en trompe-œil. Nous reviendrons au droit à la retraite à 60 ans et engagerons une réforme juste et durable.

Recul des libertés publiques, enfin, que symbolise l’accumulation des lois répressives. Absence d’éthique assumé et même revendiquée : les affaires Woerth-Bettencourt, Alliot-Marie-Ollier, Lagarde-Tapie, et aujourd’hui l’affaire Takieddine. Qui est Takieddine ? Un homme d’affaires peu recommandable. Un ami intime du clan Sarkozy : Hortefeux, Copé, Guéant. Un financeur supposé de la campagne d’Edouard Balladur. Un homme qui a reçu du patron de Total à l’automne 2009 9,8 millions de dollars, avec la bénédiction de l’Elysée. Cet argent a transité par les paradis fiscaux quelques mois après que Nicolas Sarkozy a décrété la fin des paradis fiscaux. Aujourd’hui comme hier je reste déterminée à lutter contre la corruption, y compris lorsqu’elle touche au plus haut sommet de l’Etat. Ici, nous sommes face à une affaire d’Etat.

Oui, chers amis, le temps de l’alternance est venu. Certains s’inquiètent. Une candidature écologiste est-elle bien nécessaire ?  Je veux vous faire partager ma conviction profonde. Pour gagner la présidentielle, notre voix n’est pas un problème, elle est une solution. On nous parle sans cesse du 21 avril 2002. Mais on oublie que la gauche a également perdu en 1995 et en 2007.  Alors, qu’il nous soit permis cette fois de faire différemment.  Nous allons démontrer que le vrai parti du changement, c’est nous. Après nos succès des «élections européennes et des élections régionales, nous ne sommes pas là pour jouer les seconds rôles mais pour forger les conditions de la victoire.  Vous m’avez choisie comme candidate à la Présidence de la République pas comme candidate au ratissage des voix écologistes pour le compte du Parti socialiste !

Nous sommes décidés à utiliser le premier tour de l’élection présidentielle pour que se mette en place un nouveau paysage politique. Et proposer une alternative à la simple mécanique de l’alternance. Nous n’avons aucun complexe face au Parti socialiste. Il s’est trop souvent comporté de façon hégémonique, voire méprisante face à nos demandes légitimes. Il a trop souvent renié ses engagements et poursuit encore des grands travaux inutiles comme l’aéroport de Notre Dame des Landes ou l’incinérateur de Clermont Ferrand.

  Nous ne partons pas de rien. Trois millions d’électeurs nous ont fait confiance lors des européennes de 2009 et presque autant lors des régionales de 2010. Je pense d’abord à eux, mais aussi à tous nos concitoyens qui s’interrogent, et je veux leur dire simplement : la seule manière de construire une victoire qui trace la voie du changement écologique et du renouveau démocratique, c’est de voter pour nous.

Je veux dire solennellement ici que j’entends bien porter notre message auprès de tous les électeurs, y compris auprès de ceux qui peuvent être égarés par la démagogie du Front national. Le spectre du racisme et de la xénophobie hante l’Europe. Pas un jour ne passe sans sa livraison d’attaques contre les musulmans. Pas une semaine sans mise en cause des populations immigrées. Pas un mois sans une offensive contre les droits des minorités. Nous refusons ce visage de l’Europe et de la France. La haine n’est pas une solution à la crise. Elle n’est qu’une réponse dangereuse pour maintenir les privilèges des profiteurs. Un gouvernement qui veut ficher les plus fragiles d’entre nous est un gouvernement qui rompt avec l’esprit de la République.

Nous le savons bien : une parole de haine crée les conditions du crime de haine. Je veux m’arrêter ici un instant sur le drame terrible que vient de vivre mon pays natal, la Norvège. Vous avez entendu le poignant témoignage de mon ami, Audun Lysbakken, ministre de l’intégration qui a accepté notre invitation à venir parler devant vous.

Nous savons donc qu’il est possible d’opposer aux actions terroristes, non une guerre de civilisation, mais encore plus de démocratie, de solidarité, de transparence et de fraternité.

Il faut retrouver les valeurs de notre République pour affronter les défis de demain.

Chers amis,

Au moment où commence véritablement notre campagne pour l’élection présidentielle, je vous propose d’accepter un moment d’humilité. Nous avons un projet de transformation écologique de la société. Nous proposons des mesures précises pour faire face à la crise financière et avancer pas à pas vers une économie durable et une démocratie rénovée. Mais nous n’avons pas nécessairement réponse à tout. Notre campagne doit être l’occasion d’écouter et de donner la parole à celles et ceux qui croient, comme nous, qu’un autre monde est possible et nécessaire.

Nos concitoyens ne nous ont pas forcément attendus pour prendre en main leur engagement écologique. Songeons au bouleversement des comportements que constitue, depuis vingt ans, l’acceptation du tri sélectif. Songeons au travail sur la biodiversité que prennent en charge, sur le terrain,  des milliers d’associations. Songeons à l’élan citoyen qui entoure les AMAP, les jardins partagés, l’aspiration à mieux se nourrir dans le cadre de la souveraineté alimentaire ! 

Pensons à tous les entrepreneurs qui font l’économie verte.  Notre mission est d’ouvrir une perspective politique crédible à cette ébullition de la société.

Dans ce monde en crise, l’espoir nous vient aussi de l’autre côté de la Méditerranée. Nous pensons aux printemps démocratique des peuples arabes, aux luttes solidaires des indignés de Grèce, d’Espagne ou d’Israël. Au courage des Syriens qui affrontent à mains nus un régime sanguinaire.

Notre campagne présidentielle, je veux le souligner également, s’articule avec celle des candidats écologistes aux élections législatives qui suivront. Ces derniers seront autant d’ambassadeurs dans chacune des circonscriptions. Je serai leur porte-parole au niveau national. Ils seront mes porte-paroles au niveau local.

Je suis française et fière de l’avoir choisi. Je suis aussi une binationale et fière du mélange de cultures que je porte. Je suis fille de couturier militaire et fière de ma famille. Je suis encore une auditrice de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, dont j’ai suivi l’enseignement en 1996, et fière de mon intérêt pour les questions de défense. A ceux qui ont eu l’outrecuidance de me manquer de respect – je pense notamment à François Fillon -je dirai simplement ceci, au moment où débute notre grand débat national.  MOI, JE ME REFUSE A TRIER ENTRE LES FRANÇAIS, SELON LEUR DATE DE NATURALISATION ou leur lieu de naissance.  Je suis française par choix, par amour pour la France, ses valeurs et par amour pour mes compatriotes. Je ne suis jamais descendue dans le palais d’un dictateur. je n’ai jamais confondu l’argent public et l’argent privé.

Et je veux rappeler ce que Théodore Monod, humaniste, pacifiste et grand officier de la Légion d’Honneur, avait répondu à François Mitterrand qui l’avait invité à assister au défilé du 14 juillet 1988 : « Je continue à nourrir le vivant espoir que le jour viendra où la fête nationale ne sera plus seulement militaire et verra défiler aussi les bûcherons, les cheminots, les mineurs, les instituteurs, les infirmiers et plus uniquement les hommes de guerre ».

Chers amis, la campagne sera rude, mais je souhaite qu’elle soit belle. Nous avons des atouts formidables, à commencer par une génération de jeunes écologistes qui sont le ferment de l’écologie de demain. Je veux saluer aussi, à travers vous,  les milliers de militants de notre organisation ou de notre coopérative, les centaines de groupes locaux enracinés sur le terrain qui sont prêts, demain, à engager le combat électoral.

Que les écologistes rassemblés se mettent en ordre de marche, qu’ils construisent partout des comités de soutien, qu’ils aillent chercher chaque voix, car chaque voix comptera.  Ensemble, je vous le promets, nous allons remettre les marchés à leur place, remettre l’écologie au centre DE L’ECONOMIE et remettre la démocratie au pouvoir. Je suis fière de vous représenter dans ce combat. Ensemble, nous allons faire gagner nos idées. Vive l’écologie, vive l’Europe vive la République, vive la France!

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Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #moi je...

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Publié le 4 Avril 2011

 

 

 

Nous avions rêvé d'un autre destin pour le dernier bâtiment industriel du Val de Seine, l'ancienne usine Gaupillat, à Meudon.

Nous nous étions emparé de son devenir, imaginé sa transformation en un lieu utile pour le quartier, pour ses habitants, pour ses usagers.

Nous avions espéré qu'au milieu de cette vallée de la Seine, cette dernière cheminée en brique, ces derniers sheds, cette dernière mémoire insustrielle encore debout, resisterait à l'appétit des promoteurs. Car déjà, leur appétit nous avait semblé rasasié après la disparition des usines Renault et de son complexe industriel sur l'Ile Seguin et alentours.

Nous avions espéré que les décideurs politiques ouvriraient les yeux enfin sur le fait qu'on n'est pas toujours obligé de céder aux sirènes d'une soit disant modernité qui consiste à faire table rase du passé pour ériger des immeubles sans âme et tellement identiques à leurs voisins. Et puis quoi ? Construire face à l'Ile Seguin une banalité ?

Tous ces espoirs parce que nous mêmes nous avions soudain, après une nouvelle démolition, ouvert les yeux sur notre environnement immédiat. Et nous avions découvert ce bâtiment, dont la façade ne disait rien tant nous l'avions longé depuis des années sans nous en soucier. Nous avions fait ce travail de découverte d'un trésor soudain révélé parce que devenu unique.

L'association La Fabrique était née et rassemblait en quelques mois des énergies formidables issues d'une multitude d'horizons : historiens, architectes, artistes, étudiants, spécialistes de l'insertion ou spécialistes de rien du tout. Des heures passées à affiner et enrichir le projet, à voir ailleurs, à se documenter, à rencontrer, l'Histoire ne retiendra pas grand chose, mais ce n'est pas ce que nous cherchions.

Ce que nous cherchions et que nous avons presque touché du doigt, c'était démontrer que réfléchir et faire autrement était possible. Utopiques certes.

Nous n'étions pas seuls, pas fous, puisqu'ailleurs des exemples probants de reconversion intelligente de patrimoine industriel existent.

Mais nous avions oublié, ou tenter de le faire, que nous étions dans un environnement spécifique : les Hauts-de-Seine.

Oublié que le 9-2 est un département d'exception toujours.

Car, avec quelques « si », le dernier bâtiment industriel du Val de Seine serait toujours debout.

Si le maire avait eu une lueur d'intelligence, il aurait peut être pensé qu'une association s'intéressant au patrimoine de sa ville et souhaitant le transformer, ce n'était pas forcément idiot, et pas obligatoirement dangereux.

Si l'Architecte des Bâtiments de France avait eu quelque courage de résister à la pression politique, il se serait peut être exprimé plus professionnellement en s'opposant à la destruction.

Si le Ministre de la Culture avait décidé de faire son boulot de façon neutre sur tout le territoire francilien, alors il aurait classé l'usine.

Si les propriétaires s'étaient un peu intéressés à leur héritage, peut être ne l'auraient-ils pas vendu au plus offrant, et se seraient souciés de ne pas mettre à bas la dernière trace du caractère d'entrepreneur de leur ancêtre.

Si chez Bouygues Immobilier ils avaient eu un peu de génie, ils auraient acheté le bâtiment pour le faire évoluer, sans le détruire.

Imaginez avec nous la même histoire, dans un autre département !

Malheureusement pour elle, l'ancienne usine Gaupillat avait une adresse postale qui ne collait pas à un projet différent de tous ceux qui l'entourent.

Malheureusement, il n'y a pas eu d'intelligence, de courage, d'intérêt ni de génie.

Demain, vous passerez peut être devant des immeubles flambants neufs en bord de Seine, dans le bas-Meudon. Vous ne saurez pas où se trouvait Gaupillat. Le bâtiment aura été effacé et sa mémoire, celle de ses constructeurs, celle des ouvriers qui y ont travaillé, celle du quartier qu'elle animait, aura définitivement disparu. La normalisation se sera donc poursuivie en gommant l'ensemble du passé d'un territoire.

Nos enfants, les vôtres dessineront des usines à toit plat et sans cheminée. Des usines modernes et propres.

 

La connerie n'a parfois jamais de limites, elle vient de le prouver une nouvelle fois en signant l'arrêt de mort de l'ancienne usine Gaupillat.

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Rédigé par Catherine Candelier

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