De la violence en politique

Publié le 13 Février 2010

 

La violence n'est pas un moyen parmi d'autres d'atteindre la fin, mais le choix délibéré d'atteindre la fin par n'importe quel moyen. Sartre, Jean-Paul

 

Faire de la politique, c’est forcément s’exposer. Mais s’exposer à quoi ?

On aimerait bien que cette exposition se limite à un affrontement courtois, à un échange de points de vue, parfois enflammé, passionné, mais n’atteignant pas l’insulte, la menace ou l’atteinte à l’intégrité physique.

C’est la seconde fois en quelques mois que le groupe des élus UMP de Sèvres traite les écologistes locaux d’ «ayatollahs » dans le bulletin municipal. J’avais déjà commenté cette expression sur ce blog à l’époque.

Là, j’ai envie de dire perseverare diabolicum.

D’autant que le tract UMP distribué ce matin sur le marché titre « l’extrémisme des Verts n’a pas de limites », tout ça pour raconter que nous sommes opposés au projet de doublement de la RD7.

Définition du mot ayatollah : c’est le titre le plus élevé du clergé chiite. La première fois qu’on a entendu ce mot en France, c’était lorsque notre pays servait de refuge à l’ayatollah Khomeini. Le même qui une fois installé au pouvoir en Iran fit subir les pires atrocités à son peuple. Depuis, dans le langage courant, le mot ayatollah est utilisé pour désigner un intégriste.

Intégriste, extrémiste….terroriste ? Il n’y a qu’un pas, un tout petit pas à franchir.

Et nous voilà donc, Verts, écologistes, coupables de terroriser nos concitoyens. Nous imagine-t-on vraiment bardés d’une ceinture d’explosifs, partant à l’assaut de la mairie pour faire valoir nos idées ?

L’un des fondements de l’écologie politique est la non-violence, l’humanisme. Je ne sais pas ce qui fonde l’UMP sévrienne. Mais certainement pas le respect de l’adversaire.

A Sèvres, nous avons exposé notre opposition au projet RD7 sans utiliser l’injure ou la diffamation. Avons-nous touché le point sensible de l’UMP en disant quelques vérités difficiles à contredire avec de vrais arguments ?

Cet épisode malheureux (et affligeant) de notre vie politique locale en percute un autre, plus grave. Cette semaine, Dominique Voynet, sénatrice et maire de Montreuil, a révélé faire l’objet de menaces de mort. On est en droit de s’effrayer de la banalisation de ce type de violences à l’égard du monde politique. Et on est en droit aussi de penser que la propagation d’injures, la stigmatisation publique peut parfois amener à des drames.

 

 

Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Sèvres

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