La Région veut préserver les ports

Publié le 18 Septembre 2009


Une interview pour le magazine Navigation, Ports et Industries du mois de septembre 2009


Catherine Candelier, vice-présidente du groupe des Verts au Conseil régional d’Ile-de-France, conseillère municipale de Sèvres et vice-Présidente du conseil d’administration du Port Autonome de Paris, nous confie mes ambitions de la Région pour ses voies d’eau.

 

 

NPI/ Navigation, ports et industries : quelles sont les applications concrètes du Schéma directeur de la Région Idf/SDRIF en matière de transport fluvial ? 

Catherine Candelier : La Seine constitue la colonne vertébrale de notre région qui s’est développée autour du fleuve, avant hélas, de lui tourner le dos. Le SDRIF adopté par le Conseil Régional en septembre 2008 reconnaît ainsi aux voies navigables franciliennes une place majeure dans l’aménagement de notre territoire, avec l’ensemble de leurs dimensions: biodiversité, alimentation en eau potable, espaces verts et de loisirs, et bien sûr l’aspect transport !

Pour  atteindre notre objectif de diviser par quatre les émissions de gaz à effet de serre, il est capital de développer l’ensemble des alternatives à la route. Il s’agit également d’un enjeu économique fort : les emplois créés par le fret fluvial sont des emplois durables et non délocalisables. Le SDRIF a inscrit le maintien des emprises portuaires existantes, notamment en cœur d’agglomération, mais a également préservé l’avenir laissant la possibilité de créer de nouvelles plate formes.

Cette planification a été menée en totale cohérence avec le schéma de développement du PAP. Pour ma part, c’est un vrai progrès puisque les précédents documents d’urbanisme délaissaient totalement le fleuve.

Outre le SDRIF, le Conseil régional travaille régulièrement avec le PAP pour mener à bien des études ou des expérimentations. Nous avons ainsi co financé une base de données permettant aux professionnels de comparer les coûts économiques et environnementaux d’un transport par route et par la voie fluviale. Le Conseil régional a également subventionné la mise en œuvre du transport régulier de papier entre Genevilliers et Rouen, une économie de 40% de CO2 ! Nous participons également à la  modernisation d’écluses.

 

NPI : Ouverture du canal Seine-Nord, création de terminaux à conteneurs : les projets d'infrastructures ne manquent pas en Île-de-France, de quelle façon la région y participe-t-elle ?

C. Candelier : La Région Ile-de-France est la seule collectivité territoriale à intervenir financièrement dans les projets de développement ou d’amélioration des plates formes du PAP, à hauteur d’environ 4 millions d’euros par an. Nous avons ainsi pu aider le PAP à étendre l’emprise de Gennevilliers et de Bruyères/Oise, à lancer la réhabilitation de Limay.

Concernant le Canal Seine Nord Europe, le Conseil régional a signé un protocole d’intention avec l’Etat qui va permettre d’approfondir les discussions sur le montage financier. Nous avons de fortes réserves sur une solution PPP. Par ailleurs, les finances régionales ne sont pas extensibles !

 

 

NPI : En quoi le projet de « Grand Paris » peut-il être une occasion de développer et d'améliorer le transport fluvial dans la région ?

C. Candelier : Qu’est-ce que le « Grand Paris » ? Personne aujourd’hui ne le sait ! S’il s’agit des travaux des équipes d’architectes: oui, ils ont tous souligné l’enjeu fluvial et appuyé le SDRIF. S’il s’agit de la construction d’un grand port à Achères, ce n’est pas franchement un scoop : le projet est inscrit au SDRIF et et fait partie de longue date des objectifs du PAP. Mais qui le financera ? L’Etat ?

Le développement des grandes plates formes est bien sûr incontournable, mais il faut également préserver les petits linéaires qui permettent une desserte fine en zone urbaine. L’important est d’apprécier la Région dans toutes ses composantes, pas seulement le cœur d’agglomération ! Il faut soutenir le développement d’implantations en Essonne, dans le Val d’Oise, en Seine-et-Marne !

 

 

NPI :Comment, à votre sens, peut-on améliorer l'intégration des ports de commerce dans le tissu urbain de la région et les faire mieux accepter des riverains ?

 

C. Candelier : Le PAP a fait de gros efforts ces dernières années en matière d’insertion urbaine. Les élus présents au Conseil d’Administration de l’établissement constituent à ce titre d’importants relais locaux. La concertation avec les riverains fait désormais partie des habitudes de travail. En moins de dix ans, les Franciliens ont redécouvert leurs voies d’eau, ils souhaitent y avoir accès, pouvoir profiter des berges pour s’y promener. Ces demandes sont légitimes !  Le PAP a lancé plusieurs réaménagements qui permettront de rétablir une image quelques fois très dégradée. La population ne sait parfois pas du tout quel type d’activité se déroule dans les ports. La communication, l’information et la pédagogie sont des outils majeurs pour faire accepter ces installations. L’image du transport fluvial est bonne dans l’opinion publique, cela aide beaucoup à faire accepter la présence du port dans le paysage ! Mais cette présence ne doit pas être exclusive, il faut faire en sorte le port, en dehors des heures d’activités, puisse être un lieu public, accessible à tous.

 

Propos recueillis par Etienne Berrier

Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Région

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