Grand Paris Seine Ouest

Publié le 12 Juin 2009

Les différents conseils municipaux et d’agglo des deux intercommunalités Arc de Seine et Val de Seine viennent de décider de leur fusion. Début 2010 donc, nous formerons l’une des plus grandes intercommunalités de la région, avec un peu plus de 300.000 habitants.

Les Verts se sont toujours prononcés pour le fait intercommunal qui permet de gérer à une échelle pertinente de nombreux sujets.

Cependant cette fusion nous interroge à plusieurs titres.

En premier lieu, ce regroupement n’a fait l’objet d’aucun débat citoyen durant les campagnes municipales de l’an passé. Aucun maire n’avait abordé cette thématique, ni même évoqué son souhait de fusion avec le voisin. Comme si l’interco n’était pas un réel sujet pour nos concitoyens.

Ensuite, c’est l’absence de projets concrets de territoire sur de nombreuses thématiques. Se marier, pacser ou fusionner, après tout, n’est-ce pas pour mettre en œuvre quelques projets ensemble ? Nous sommes revenus longuement sur cette absence de projets lors du conseil municipal de Sèvres, mais encore une fois, on nous a répondu que le projet « c’est pour après ». Et pourtant, le document d’accompagnement de la délibération contient un chapitre projet…Nous l’avons lu et relu, nous y avons trouvé qu’il fallait par exemple que les rues de nos communes soient propres, vaste et ambitieux programme !

Comme toujours, l’auto satisfaction règne, puisque nous serions « le seul pôle innovant et performant en France » (sic !), l’idée globale étant de devenir le premier pôle tertiaire de la région, devant la Défense et ses jolies tours ! Pour le logement social, on renvoie aux documents et objectifs existants, très en dessous de ce qu’il serait nécessaire.

Qui gouvernera la future intercommunalité ? Pour la présidence, c’est déjà décidé, le maire de Boulogne-Billancourt, Pierre-Christophe Baguet, est élu avant les élections. Le conseil d’agglomération sera composé de 84 membres, Sèvres y aura 10 représentants, Boulogne 20. A Val de Seine, nous en avions 15 chacun, il va donc y avoir quelques drames de ce côté-ci de la Seine !

A nouveau, nous avons demandé au maire quelle sera la place des oppositions dans ce conseil d’agglo. La loi Chevènement (merci Jean-Pierre !) ne prévoit en effet aucune obligation de respect de la représentativité des groupes politiques présents au niveau communal. Actuellement, aucun Vert ne siège dans les deux intercos !

Enfin, le nom choisi : Grand Paris Seine Ouest. Quelle imagination ! On avait annoncé le lancement d’un concours auprès de la population pour trouver la dénomination. Finalement, on s’est rendu compte que les citoyens n’avaient aucune bonne idée…(les maires non plus). Il semble qu’une agence de communication ait été consultée (mais, le maire de Sèvres nous a dit que ce n’étaient que de vils ragots rapportés par la presse). Quoi qu’il en soit, nous habiterons donc demain dans une grande chose, pas loin de Paris, en bord de Seine, mais à l’Ouest.

Ce choix est assez significatif de la perception des maires de cette agglo : il ne s’agit pas de créer un territoire auquel la population pourrait s’identifier, non, il s’agit d’indiquer aux investisseurs étrangers que nous jouxtons Paris ! Ce nouvel attrait pour le fait métropolitain mérite d’être souligné, lorsque l’on sait que la droite municipale a refusé le vœu que les Verts ont porté il y a quelques semaines afin que Sèvres adhère au syndicat Paris Métropole…

La coopération, la solidarité avec les autres territoires, semble s’arrêter très vite au « partage » d’un nom.

Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Sèvres

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
D
L'intercommunalité est décidément une affaire réservée d'élus et peu populaire. A la mairie de Meudon, deux registres sont ouverts en même temps : l'un pour une concertation sur le  PLU de la commune, l'autre pour l'enquête publique sur le SCOT des coteaux et du val de Seine, territoire dont notre grand paris seine ouest (en minuscule) constituera 80%. Le premier est  bien rempli, le deuxième n'a reçu qu'un seul avis, celui d'un Meudonnais émigré à Sceaux pour ses vieux jours. Or, les dispositions du PLU qui fâchent ont été introduites dans le SCOT, au dernier moment. Notez aussi le silence absolu de la Ville sur l'enquête publique du SCOT ...
Répondre