Lycée Vernant panne de courant, opération sauvons les frites surgelées

Publié le 12 Mai 2008

Lorsqu'on est élue conseillère régionale, on ne sait pas forcément qu'un jour il faudra s'occuper de trouver un groupe électrogène pour rebrancher le lycée de sa commune...

















Jeudi 8 mai, 21 heures, je me prépare à passer un week-end tranquille en Normandie, d'ailleurs, j'y suis déjà, à table avec les copines et les copains...Mon portable me fait signe que la proviseure du lycée Jean-Pierre Vernant voudrait bien entrer en contact avec moi. Dans ces moments-là, on s'attend à un peu n'importe quelle catastrophe, parce qu'on se doute qu'un soir de jour férié, la proviseure ne vous appelle pas pour vous parler du beau temps. Alors, on respire un grand coup, et on décroche.
Le transformateur du lycée a rendu l'âme de façon bruyante à 17 heures. EDF n'a pu que constater l'impossibilité de réparer. Depuis, le lycée cherche en vain à contacter le "permanencier" technique de la Région.
Là, je m'arrête un instant, parce que je pourrais vous raconter que ce monde est merveilleux et que dans l'heure tout fut réparé. Et bien non...pas de langue de bois (ni d'auto-flagellation d'ailleurs). Le "permanencier" technique ne répond pas sur son portable de permanence. Il est pourtant bien de permanence, comme me l'indiquera non sans humour le standard de la région...Je tente le coup depuis la Normandie, j'appelle le "permanencier" qui ne répond pas non plus.
Le gars (ou la fille...) qui est de permanence est censé pouvoir agir, donner tout un tas d'informations à son interlocuteur, comme par exemple : comment trouver une entreprise susceptible de livrer un groupe électrogène capable de fournir l'électricité à un lycée accueillant environ 1.900 élèves quelques heures plus tard, un soir de jour férié, la veille d'un long pont ?

L'élue régionale que je suis se sent soudain un peu démunie, à 200 kms de Sèvres, mais je suis pleine de ressources, j'ai surtout un téléphone portable plein de numéros super utiles en cas de crise grave. Alors, j'appelle un peu partout. Je finis par déranger le directeur de cabinet du président, qui à son tour dérange le directeur des lycées.
Là, je me dis que les choses vont être prises en main...et passe au dessert qui m'attend.

Mais non. Personne n'a repris contact avec la proviseure qui est toujours dans le noir, comme les 11 familles qui logent au lycée. Et le stock dans les frigos commence peut être à sentir un peu la marée pas fraîche.
EDF, qui nous doit plus que la lumière, refuse de donner des coordonnées d'entreprises de dépanage à la proviseure.
22 h 45, je donne l'autorisation à la proviseure de lancer l'opération "sauvetage de frites surgelées". Opération qui sans nul doute restera dans les annales de l'histoire de l'éducation nationale et de la Région. Nous décidons que tout doit être tenté pour que l'électricité soit rétablie dans l'urgence. La proviseure informe "les autorités". La mairie envoie son conseiller et son technicien de permanence (merci). Le rectorat est déjà sous sa couette.
Minuit, mon portable sonne, alors que je viens d'éteindre la lumière (car moi, j'ai du courant qui marche). L'un des conseillers du président me rappelle suite au message que je lui ai laissé quelques heures plus tôt; J'en profite pour lui dire que c'est sympa de penser à mon anniversaire...
La suite c'est que vers 1 heure du matin, EDF a fini par trouver une entreprise, laquelle a livré un groupe électrogène au petit matin, que le commissariat (merci) a enlevé quelques voitures qui gênaient un peu, et que le groupe sur sa remorque de 13 mètres a pu s'installer et fonctionner en début d'après-midi.
Et aussi que la proviseure et les agents du lycée ont passé une nuit blanche.






















Les élèves grâce à cette gestion pleine de sang froid de la proviseure ont pu être accueillis dès 8 heures, leur seul désagrément fut de déjeuner froid.
La vice-présidente en charge des lycées (merci) , le responsable technique territorial de la Région (merci), se sont rendus sur place le matin et ont pu constater le petit souci auquel nous avons été confrontés.

Le groupe électrogène est surveillé en permanence par un maître chien et Médor.
















Médor a chaud.


 Il restera en place jusqu'aux vacances scolaires, le temps que l'on commande un nouveau transformateur et qu'on l'installe. Parce que voyez-vous, des transfos comme ça, ben, y'en a pas vraiment en stock...

J'en veux (un tout petit peu..) au permanencier défaillant, avec un peu de recul, je pense que tout le monde se rapellera de cet épisode avec légéreté.
Etre élue, c'est comme être proviseure, c'est 24/24, 7/7...on a signé, alors on assume !

Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Sèvres

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mado 23/05/2008 01:16

Le groupe électrogène du lycée a enfin été désactivé! Mon fils et moi avons chanté "freedom!" cet après-midi là! Merci d'avoir tenu parole et d'être intervenue avec célérité. Nous revivons...

Mado 16/05/2008 17:51

Certes, la privation de sommeil de tout un quartier, adultes et enfants indifféremment, serait tolérable pour la durée de quelques jours... mais hélas, c'est un provisoire qui semble s'installer dans le temps: une semaine déjà, et pas le moindre signe d'amélioration. Je vous prie d'imaginer que nous parlons ici du vrombissement d'un chantier qui tournerait 24heures sur 24 (et comme c'est un vrombissement, aucune "boule quiès" ne peut remédier à la sensation physique que l'on ressent). Tout un chacun a déjà eu des travaux a côté de chez soi. C'est pénible, mais au moins cela s'arrête la nuit. Nous n'avons pas cette chance. Comprenez qu'après une semaine de nuisance sonore incessante, les riverains n'aient pas forcément le coeur léger. Nous ne souhaitons qu'une chose évidente: que le Conseil régional prenne enfin ses responsabilités et change d'urgence le transformateur électrique défectueux. Signé: une riveraine qui ne dort plus, ou très mal, mère
d'un enfant de 12 ans qui ne dort plus, ou très mal

Catherine Candelier 16/05/2008 18:30


bonsoir,
il semblerait que nous soyons en passe de trouver une solution pour le milieu de la semaine prochaine si tout va bien...
comme je l'écrivais en réponse à un autre commentaire, personne ne se réjouit des désagréments subis par les riverains, tout le monde en a bien conscience et tout le monde s'emploie à trouver une
solution rapide et efficace.
Quant au fait que le "conseil régional prenne enfin ses responsabilités", je vous trouve bien dure...j'ai l'impression que nous avons pris nos responsabilités depuis jeudi dernier, dans la limite
de ce qu'il est matériellement possible de faire. Vous comprendrez aussi qu'arrêter le groupe electrogène la nuit signifie que les stocks de denrée seraient perdus, que les bâtiments seraient sans
alarme incendie ou anti intrusion et que le personnel logé serait sans électricité...
Soyez assurée que je suis ce dossier avec une attention particulière,
Cordialement,
C Candelier


Krisp Prolls 14/05/2008 06:13

Il est vrai M. Le riverain "mécontent" qu'il aurait été préférable que ce groupe électrogène ne fasse aucun bruit. Mais vous semblez oublier les désagrément qu'un tel incident aurait pu provoquer... Qu'est ce que quelques jours de nuisances à côté de 1900 élèves ne pouvant se rendre en classe et se préparer, pour la plupart, à leur examen du bac... ou encore à côté de toutes ces familles qui vivent dans ce lycée et qui aurait pu se retrouver à la rue?
A trop constater le résultat et n'en voir que les mauvais côtés, vous oubliez que bon nombre de personnes ont tout fait pour éviter qu'encore plus de sévriens soient lésés. Patience donc cher Monsieur le riverain "mécontent", les choses finissent toujours pas s'arranger...

Mais je ne vous en veux pas et je vous laisse méditer sur cette très belle phrase de Moses Isegawa "On ne meurt pas d'un peu de patience supplémentaire."

bruno desraisses 13/05/2008 23:12

Le ton badin et enjoué que vous utilisez pour narrer  l'installation de ce groupe électrogène et ce pourquoi il a fallu l'installer démontre au moins une chose : vous n'habitez pas le quartier et vous n'êtes pas élève du lycée concerné.Car ce groupe électrogène présente, nonobstant ses performances, un défaut assez pénible à supporter lorsqu'on habite à proximité : il est très BRUYANT. Et il est bruyant de jour comme de nuit. C'est à dire qu'il géne les élèves le jour et perturbe le sommeil des riverains la nuit. Mais il n'existe surement pas de groupe électrogène silencieux, ou isolés....Je plains Médor....

Catherine Candelier 13/05/2008 23:33


Cher monsieur,
J'ai effectivement opté pour un ton badin et enjoué pour écrire cet article, ce n'était pas vraiment cet état d'esprit qui a animé les personnes qui se sont préoccupés de cet incident lors de sa
gestion.
Vous avez tout à fait raison, je n'habite pas à proximité du lycée, je n'y suis plus élève depuis quelques années déjà. Mais, j'ai pu me rendre compte que le groupe électrogène faisait du bruit en
me rendant sur place. Personne ne se réjouit des désagréments entraînés par la panne du transformateur du lycée. Nous sommes à la recherche de la solution qui permettra le plus rapidement possible
de raccorder le lycée au réseau EDF et certainement que vous retrouviez le calme de ce quartier fréquenté par 1.900 élèves.


Vincent CORNU 13/05/2008 21:13

Encore merci à Catherine Candelier pour son efficacité à 200 km et à une heure aussi tardive...Je tiens à rajouter que les proviseurs adjoints ont aussi passé une nuit blanche!! Et je confirme, Médor a très chaud.Vincent CORNUProviseur adjointLycée Jean-Pierre Vernant