Bonnes feuilles de "9-2 le clan du Président"

Publié le 1 Février 2008

Le site Bakchich info publie ces jours-ci des extraits de "9-2 le clan du Président".
Citons donc :

"Aujourd’hui, les services du département assurent être incapables de calculer le PIB du 92. « Cela ne veut rien dire » affirme Jean-Claude Caron, vice-président du conseil général en charge du budget et des finances. L’Insee, lui, y parvient et chiffrait officiellement, en 2000, le PIB des Hauts-de-seine à 90 milliards d’euros, soit autant que celui du Maroc !

 

Les chiffres, pour peu que l’on s’y plonge, sont pourtant éloquents. Le budget 2007 du conseil général , avec 1,6 milliard d’euros, est l’un des plus élevés de tous les départements français après celui de Paris (6,8 milliards d’euros)(…)

 

La principale recette du département reste la taxe professionnelle, versée par les sociétés. On comprend mieux pourquoi les hiérarques du conseil général, de Sarkozy à Devedjian, se montrent si empressé de relancer le quartier d’affaires de la Défense : les entreprises versent plus de 260 millions d’euros par an. Bref, l’argent coule à flots (…)

 
Logements, voitures, télés, primes et cadeaux
 

Forcément, pareille valse des millions a pu faire tourner la tête des élus. La gestion de Charles Pasqua, en particulier, a beaucoup intéressé la chambre régionale des comptes. Dans son rapport de 2001, celle-ci a longuement souligné les coupables relâchements intervenus entre 1993 et 1999 : explosion de la dette (+ 441% !), distribution trop généreuse de voitures et de logements de fonction (130 heureux bénéficiaires), attribution de primes et de compléments de rémunération mal justifiés, etc.

 

Pointilleux, les magistrats ont même gratté jusqu’aux abonnements à Canal + et à la télévision câblée : « Un important complément de rémunération, que le département a attribué en dehors e la réglementation et de la jurisprudence » ont-ils sèchement conclu. Elus et fonctionnaires du conseil général le reconnaissent sans peine : le règne de « Monsieur Charles » fut une belle époque (…)

 

« Monsieur Charles » ne mégotait pas non plus lorsqu’il s’agissait de recevoir. Pour son ultime cérémonie de vœux, en janvier 2004, il a fait voter un budget de 320 000 euros. Un seul élu, le Vert Vincent Gazeilles, a voté contre : « D’accord pour faire la fête, mais restons raisonnables ! »

 

L’exploration des délibérations de l’assemblée départementale révèle d’autres dépenses croquignolesques… Ainsi le conseil général a-t-il financé, en 1991, l’achat de 28 voitures de collection dans le cadre du misée de l’Automobile situé à la Défense. Dix ans plus tard, ledit musée a fermé et le département a payé pendant trois années plus de 30 000 euros par an pour le gardiennage des autos… En 2004, à peine élu président du 9-2, Sarkozy s’est empressé de vendre ces belles mécaniques. Rupture, quand tu nous tiens !

 


 

Mais ce pape de transition n’a pas supprimé toutes les gâteries, comme les petits cadeaux de fin d’année aux élus. « Une tradition » dit-on aujourd’hui. Une tradition généreuse : une machine à expresso en 2001, un appareil photo numérique en 2002, une paire de téléphones sans fil en 2003, un stylo Montblanc gravé à leurs initiales en 2004… Les conseillers généraux ont droit à un vrai Noël de la part de leurs contribuables !

 

Après la parution d’un article dénonciateur dans Capital, le sapin de 2005 fut vide de tout paquet. Mais les bonnes vieilles habitudes ont repris dès 2006 avec, cette fois, des boutons de manchette Lanvin. Vincent Gazeilles, l’élu Vert incorruptible, toujours aussi solitaire, a donné tous ses cadeaux à des associations. Il faut dire que cet ingénieur informatique est un pur, qui ne se déplace qu’en vélo, même sous la pluie battante. Pas du genre à signer les pétitions anti-OGM avec un stylo Montblanc. »

 

©Fayard, 2008

Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Presse

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