Schéma directeur de la Région : les contre vérités du Maire de Sèvres

Publié le 3 Novembre 2007

Un article des Verts de Sèvres
 
Le Maire a choisi d’exposer son point de vue et celui de sa majorité concernant le projet de Schéma Directeur (SDRIF) arrêté par le Conseil Régional dans le dernier numéro du bulletin municipal.
 
Ce point du vue purement politicien est rempli de contre vérités.
 
1/ La Région aurait choisi d’opposer l’Est à l’Ouest : FAUX
 
Le diagnostic établi conjointement par la Région, l’Etat et le Conseil Economique et Social démontre clairement que les inégalités sociales et territoriales entre l’Est et l’Ouest se sont aggravées. Et que le précédent Schéma de 1994, imposé par l’Etat à l’ensemble des collectivités locales, avait échoué dans ses objectifs de rééquilibrage.
Notre région est certes la plus riche de France, l’une des plus riches d’Europe, mais 1 million de nos concitoyens vivent aujourd’hui sous le seuil de pauvreté. Des pans entiers du territoire souffrent de paupérisation croissante, alors que d’autres cumulent les richesses.
Le taux de chômage varie du simple au double entre les Yvelines et la Seine-Saint-Denis.
Difficultés de logement, d’accès aux services publics, aux transports, à la formation et à l’emploi aboutissent à une exclusion de plus en plus grande d’une partie de la population.
Nous ne pouvons rester les bras croisés, à attendre une intervention divine ou un miracle. Il nous faut agir !
Et c’est ce que le Conseil Régional fait en proposant une région plus solidaire et plus harmonieuse. Il ne s’agit pas de déshabiller Paul au profit de Pierre. Mais d’indiquer qu’une meilleure répartition des emplois sur le territoire serait simplement plus juste. Le nord des Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis sont porteurs de projets économiques. Ces territoires ont des atouts qu’il convient de valoriser.
 
2/ D’après le Maire, l’Ouest et Sèvres n’auraient pas besoin de logements sociaux : FAUX
 
Dans une région où 75% des personnes peuvent accéder de par leur revenu à un logement social, dans une région où 375.000 demandes de logement sont en attente…comment peut-on affirmer qu’on n’a pas besoin de logement social ? Lequel d’entre nous ne connaît personne à Sèvres qui ne soit en attente d’un logement ? Etudiant souhaitant s’installer, jeune salarié à la recherche de son premier logement, agrandissement de la famille, décomposition et recomposition familiale, personnes âgées ???
Il ne s’agit bien évidemment pas pour la Région de construire demain matin une barre ou une tour HLM à Sèvres ! Des solutions existent à travers des opérations de réhabilitation de l’ancien, d’encouragement aux propriétaires privés à louer leurs logements vacants (173 à Sèvres).
Le Maire lui-même a reconnu dans le PLU le peu de marges de manœuvre dans le parc existant de logement sociaux de Sèvres et le risque pour la commune si elle n’encourage pas de nouvelles constructions de connaître un fort vieillissement et de perdre encore de la population.
 
3/ La Région bloque le niveau d’emploi : FAUX
 
 
En répartissant mieux l’emploi sur l’ensemble du territoire, on permettra que les richesses produites profitent à plus de Franciliens. Aujourd’hui la concentration des emplois tertiaires à la Défense a démontré ses limites. Non seulement, les transports en commun qui y mènent sont saturés, mais les salariés qui y travaillent sont obligés d’y passer un temps considérable : ils ne trouvent pas de logements abordables à proximité et sont obligés de s’expatrier en lointaine banlieue. De plus, depuis 50 ans, la taxe professionnelle générée par la Défense revient dans les caisses de deux communes : Puteaux et Courbevoie reçoivent chaque année des dizaines de millions d’euros sans jamais débourser un centime pour l’entretien du site. Chaque année, le Conseil Général des Hauts-de-Seine verse 2 millions d’euros pour entretenir la Défense. Est-il normal de continuer à soutenir financièrement un site qui a les moyens de se passer des aides publiques ? Est-il normal de souhaiter son extension (450.000 m2 de bureaux supplémentaires) sans prévoir de logements pour les nouveaux salariés ?
 
 
4/ Les objectifs du SDRIF en matière de logement sont irréalistes : FAUX
 
 
L’étalement urbain s’est poursuivi ces dernières années : des espaces agricoles ou naturels ont disparu dans notre région par le phénomène de péri urbanisation. Le foncier trop cher en centre d’agglomération a poussé de nombreuses familles à choisir de se loger en grande banlieue. Cela a pour effet d’augmenter le temps de transport, l’achat bien souvent d’une seconde voiture et des dépenses de plus en plus importantes pour se déplacer. Souhaiter une densification du centre de l’agglomération ne signifie pas, comme l’écrit le Maire, de transformer des quartiers pavillonnaires en grands ensembles de tours et de barres. Cela signifie d’exploiter au maximum et intelligemment l’existant. A ce sujet, il est utile de rappeler que les barres et tours sont moins denses que les quartiers haussmanniens de Paris. Le petit collectif est donc bien plus dense.
Construire 60.000 logements par an, c’est l’objectif du SDRIF, approuvé par l’Etat.
Ce qui dérange certains maires du département, c’est de construire une ville pour tous : on atteint péniblement les 2% de logements sociaux à Neuilly. Est-ce normal ?
 
 
5/ Le SDRIF est incohérent : FAUX
 
Après plus de deux ans de travaux, de concertations avec l’ensemble des acteurs sociaux et économiques, la Région a voté un projet de schéma qui a reçu l’approbation de 5 départements et du Conseil Economique et Social, de la Chambre d’Agriculture, de la Chambre des Métiers et de l’Artisanat.
Alors que le Ministre de l’Environnement vient d’annoncer un réexamen de l’ensemble des projets d’autoroute, le Maire de Sèvres continue de vouloir élargir à 2*2 voies la RD7 et soutient l’ensemble des projets autoroutiers. C’est décidemment le signe qu’il continue de penser que le mode de transport à privilégier est la voiture, alors que la priorité est bien au développement des transports en commun entre banlieues et d’une meilleure répartition des emplois.
 
 
Les questions que les Verts de Sèvres vous invitent à vous poser dans le cadre de l’enquête publique sur le SDRIF :
 
-         si on ne fait aucun effort pour produire plus de logements sociaux, où trouverai-je un logement ? où seront logés mes parents, mes enfants dans 10 ou 20 ans ?
-         est-il normal que tous les emplois soient concentrés sur un seul territoire ?
-         dans 10 ans, 20 ans, ou peut être moins, le réchauffement climatique et la crise énergétique auront continué de produire leurs effets : le territoire où je vis est-il capable de s’adapter à ces bouleversements ? Devons nous continuer à laisser les espaces agricoles et naturels disparaître ?
-         faut-il continuer de construire des autoroutes alors que la circulation automobile produit pollution et gaz à effet de serre ? faut-il au contraire privilégier les investissements publics dans les transports en commun ?

Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Sèvres

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Commenter cet article

Romain Carayol 09/11/2007 14:47

100 % OK mais la région devrait amplifier l'effort de pédagogie sur ce sujet, car dans nos coins, les contre-communications du Maire sont plus efficaces...A+

Catherine Candelier 09/11/2007 18:39

la seule et grosse différence, c'est que le Conseil Régional en tant qu'auteur du projet se doit de remplir une obligation de réserve lors de l'enquête publique. Il ne peut donc qu'informer du contenu et pas faire de la propagande pour...contrairement à l'Etat, qui bien que co auteur du même projet, ne se lasse pas par le biais de ses ministres de taper sur le SDRIF...ah impartialité de l'Etat quand tu nous tiens !bien à toiCatherine