N’abandonnons pas l’Ile-de-France à n’importe qui

Publié le 31 Juillet 2007

Dans un récent article paru dans le Figaro, Roger Karoutchi, président du groupe UMP au Conseil Régional d’Ile-de-France, qualifie le schéma directeur de la région Ile-de-France (SDRIF) récemment adopté par la Région de document « idéologique ». Et évidemment, les vilains idéologues qui ont élaboré ce schéma sont des extrémistes écologistes. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est lui.
 
Dans ce schéma, voté par la majorité régionale, approuvé par les départements de gauche, nous avons indiqué notre opposition aux projets autoroutiers, au CDG express, au développement de la Défense, à l’enfouissement de la RN 13, projets soutenus par la droite et le MEDEF. Nous avons clairement indiqué que la priorité était au développement des transports en commun, à la construction de 60.000 logements par an en se fixant un objectif à terme de 30% de logements sociaux, à la sauvegarde des espaces naturels et agricoles par la densification du cœur de l’agglomération.
 
Que propose la droite ? Des logements sociaux ? Des trains qui roulent mieux ? Un développement économique équilibré ? Non, la droite propose tout simplement de poursuivre une politique d’aménagement du territoire qui a échoué. Le SDRIF de 1994, imposé aux collectivités locales, n’a pas réussi à rééquilibrer la région : l’Ouest a continué à se développer, tandis que l’Est poursuivait son appauvrissement. Des projets routiers ou autoroutiers ont été abandonnés (le projet Muse par exemple). Des projets d’infrastructures de transports en commun ont également vu le jour tel le tramway T2. Mais le mitage des espaces naturels s’est poursuivi, conséquence de la relégation des populations les plus démunies vers les « franges » de la région. Le foncier de plus en plus cher ne permet pas aux moins riches de se maintenir en centre d’agglomération.
 
Que propose donc Roger Karoutchi ? De réintégrer dans le SDRIF les projets autoroutiers : à quoi serviront au final ces autoroutes ? Ils ne serviront pas à desservir l’Ile-de-France, mais permettront aux camions de traverser la région du nord au sud. En pleine crise énergétique et climatique, la réponse des conservateurs c’est de continuer à donner la priorité à la circulation automobile. Ce seront des centaines de millions d’euro consacrés à la route, alors que les financements manquent cruellement pour l’amélioration des transports en commun.
 
Le projet d’enfouissement de la RN 13 à Neuilly est symbolique lui aussi de la politique prônée par la droite. On choisit de consacrer un milliard d’euro à un tunnel autoroutier plutôt que d’investir dans des infrastructures permettant de réduire le trafic automobile. Le problème des riverains de la RN 13 est réel : trop de voitures circulent sur cet axe. Enfouir le trafic est une solution : celle d’occulter le problème et de réaliser par la même occasion une jolie opération immobilière. 
 
Le rêve de Nicolas Sarkozy, de Roger Karoutchi et de toute la droite francilienne, c’est au final que les Hauts-de-Seine restent le département le plus riche de France. Le développement de la Défense, qui concentre déjà 3 millions de m2 de bureaux, 200.000 salariés, c’est LE sujet d’importance. Comment croire que la construction de 450.000 m2 de bureaux supplémentaires contribuera à rééquilibrer l’économie régionale ? Comment croire que l’extension de la Défense contribuera à trouver un logement à ceux qui n’en ont pas ?
 
Les évènements de l’automne 2005 n’ont semble-t-il rien appris à la droite francilienne dans le domaine de l’aménagement du territoire. La droite n’a pas encore compris que lorsqu’un territoire va mal, c’est toute la région qui en pâtit. A l’inverse, ce n’est pas parce qu’un territoire se porte bien que toute la région va bien. Les centaines de millions d’euros qui ont été générés en taxe professionnelle pour les communes de Puteaux et de Courbevoie depuis 50 ans n’ont en rien contribué au développement du reste de la région. Dans les Hauts-de-Seine, on reste entre soi, entre riches. Les pauvres sont priés de se cantonner dans quelques communes, si possible ailleurs qu’à Neuilly.
 
Encore une fois, la droite mise sur le dogme du tout économique. Nous sommes comme toujours accusés d’être contre l’emploi parce que nous nous opposons à une économie uniforme qui entend accentuer la spécialisation tertiaire de notre territoire régional.
 
Il est cependant assez étonnant de voir que l’UMP parisienne s’est abstenue lors du vote de l’avis du conseil de Paris sur le SDRIF. Y’aurait-il un malaise entre Roger Karoutchi et ses amis de la capitale ?
 
Feuilleton à suive, sans aucun doute…

Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Région

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