La charte anti-nuisances déçoit les voisins de l'héliport

Publié le 10 Juillet 2007

 
PINAILLEURS ? Les militants écolos de Val de Seine vert n'ont pas l'impression de l'être. Cette association de défense des riverains vient pourtant d'indiquer au préfet qu'elle ne signera pas la charte de l'environnement de l'héliport de Paris - Issy-les-Moulineaux dont l'élaboration a nécessité un an de travail. Son dirigeant, Luc Blanchard, a rédigé un courrier en ce sens la semaine passée, dans lequel il reconnaît, certes, « quelques avancées réelles ». « Malheureusement, cette ouverture reste encore trop modeste », écrit-il au représentant de l'Etat. Et d'ajouter de vive voix : « Non, on ne pinaille pas. On a été très conciliant, mais on n'a pas tenu compte de notre avis. » Toutes les parties ont été associées à la mise au point de la fameuse charte : les pouvoirs publics, les habitants, les usagers, l'exploitant (Aéroports de Paris) et les collectivités territoriales. Le conseil général qui s'est réuni vendredi dernier a par ailleurs approuvé le document. La charte réglementera l'activité de la plate-forme qui enregistre aujourd'hui 12 000 mouvements par an. Le premier point de désaccord pour Val de Seine vert porte sur les dérogations de trafic le week-end. Satisfaits d'avoir obtenu la limitation des vols à 50 les samedis, dimanches et jours fériés (contre 70 actuellement), les militants ont du coup accepté l'exception lors du Salon du Bourget « par souci de dialogue ». En revanche, ils refusent l'idée de dérogation supplémentaire pour « toute autre manifestation dûment justifiée », comme l'autorisera la charte. Du côté des transporteurs, c'est également le plafonnement à 50 vols qui bloque certains professionnels, mais pour la raison inverse : ces derniers jugent, eux, le seuil « trop contraignant ». « Nous, nous voulons signer, mais certains de nos adhérents ne sont pas convaincus », rapporte Olivier Jouis, délégué général de l'Union française de l'hélicoptère. Et il ajoute : « Par définition, une charte, c'est un compromis. Chacun doit faire un pas, les riverains également. Est-ce qu'il faut sacrifier un équipement d'intérêt collectif pour satisfaire des intérêts particuliers ? » Le deuxième sujet de fâcherie pour les défenseurs de l'environnement concerne les restrictions pas assez sévères pour les appareils les plus bruyants ou les plus polluants : « Le dispositif vise les engins certifiés avant 1972, c'est-à-dire des hélicoptères conçus il y a d'un tiers de siècle », déplorent les écolos. Enfin, les représentants des riverains regrettent que leur demande de suivi statistique des vols sanitaires et d'Etat n'ait pas été retenu. Le collectif associatif Environnement 92 devrait quant à lui prendre sa décision de signer la charte, ou non, « avant la fin de la semaine », comme l'indique Michel Riottot, son président. « Nous sommes en train d'en discuter, explique-t-il. Il y a des pour : si on valide le document, on pourra agir et faire pression légalement. Et il y a des contre : la charte n'a pas été assez loin. Je suis personnellement pour la signature, mais dans notre structure, nous avons beaucoup d'opposants. Je me rallierai donc à la majorité. » 
C.G.

Le Parisien 92 - 10 juillet 2007

Rédigé par Catherine Candelier

Publié dans #Presse

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